La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) examine une affaire de cybercriminalité d’envergure. Un homme, soupçonné d’être un « gayman », est poursuivi pour avoir piégé et fait chanter plusieurs jeunes femmes sur internet. Vingt-quatre victimes se sont constituées parties civiles, avec le soutien de l’Institut national de la femme (INF), également partie civile au procès.
Selon les éléments de l’instruction, le mis en cause créait de faux profils sur les réseaux sociaux, se présentant parfois comme une femme. Après avoir gagné la confiance de ses interlocutrices, il les incitait à partager des photos ou vidéos intimes. Ces contenus, obtenus à leur insu, devenaient ensuite un outil de chantage : il menaçait de les diffuser si les victimes refusaient de verser de l’argent.
À la barre, plusieurs plaignantes ont décrit les pressions subies. Les sommes exigées avoisinaient souvent 50 000 FCFA. Pour celles qui n’ont pas cédé, les menaces ont parfois été exécutées et des images ont été envoyées à des proches ou à des collègues. Les témoignages entendus à l’audience ont mis en lumière l’impact psychologique et social majeur de ces actes.
Au regard de la gravité des faits et du nombre de parties civiles, la juridiction a renvoyé le dossier afin de permettre l’audition de l’ensemble des victimes. Ce dossier illustre l’ampleur du phénomène de sextorsion au Bénin, une forme de cybercriminalité qui mêle usurpation d’identité, manipulation et extorsion financière.
Boniface KABLA