Un homme mort depuis cinq ans a été nommé dans un comité chargé de plancher sur l’organisation des élections au Soudan du Sud, provoquant une vague de moqueries sur les réseaux sociaux et obligeant le gouvernement à présenter des excuses. Le président Salva Kiir a licencié son attaché de presse et l’administrateur en chef du ministère des Affaires étrangères. La famille du défunt, elle, demande des « réparations morales et culturelles ».
Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir et son équipe font l’objet de moqueries, après qu’un homme mort depuis cinq ans a été nommé pour organiser les futures élections. L’homme en question était membre de l’UDP, le Parti démocratique unifié, dans l’opposition, et devait intégrer un comité en vue du scrutin prévu en décembre 2026.
Un document officiel a ainsi placé Steward Sorobo parmi les membres d’un comité chargé de plancher sur l’organisation de ces élections. La presse locale s’est alors empressée de signaler son décès, ce qui a provoqué la risée des internautes, avec des commentaires sur les réseaux sociaux comme « maintenons Steward Sorobo comme coordinateur entre les morts et les vivants ».
La famille demande « des réparations pour avoir dérangé l’âme » du défunt
Via un communiqué, les autorités se défendent d’une erreur administrative, et promettent de réparer l’incident… Mais un « simple changement de nom » ne suffira pas, intervient la famille du décédé, qui demande des réparations morales et culturelles. Morales parce que l’incident les a laissés « consternés, et émotionnellement affectés », écrivent-ils dans une lettre adressée au cabinet de la présidence, et citée par la radio locale Tamazuj. Et au niveau culture, car dans la leur, écrivent-il, « il est inacceptable d’évoquer ou de « réveiller » l’âme et l’esprit d’une personne décédée, sans le consentement de la famille ». Ils exigent donc des « réparations appropriées pour avoir dérangé l’âme du politicien décédé », et ce, conformément à leurs traditions.
Le Soudan du Sud, plus jeune État de la planète, qui a obtenu son indépendance du Soudan en 2011, n’a jamais organisé le moindre scrutin. Le pays a sombré dans la guerre civile entre 2013 et 2018. Un accord de paix signé en 2018 a réuni les parties belligérantes, mais celles-ci ont à plusieurs reprises échoué à organiser les élections prévues dans le cadre de cet accord.
Les élections programmées pour 2024 ont été reportées à décembre 2026 mais de nombreux analystes doutent qu’elles puissent se tenir à cette date, alors que le pays connaît une nouvelle vague de violences.