Au Bénin, le candidat de la majorité Romuald Wadagni a présenté samedi son projet de société qui vise à favoriser la jeunesse et industrialiser les régions
Transformer l’essai économique en victoire sociale au profit notamment de la jeunesse. C’est le défi de Romuald Wadagni, candidat de la majorité à la présidentielle du 12 avril prochain au Bénin.
Face à une jeunesse qui représente plus de 60 % de la population, l’actuel ministre de l’Economie et des Finances a dévoilé samedi (21.03.26) à Cotonou son projet de société pour les sept prochaines années, s’il était élu. Au programme : industrialisation régionale et révolution numérique du crédit.
« Nous entendons de plus en plus de jeunes s’impatienter, nous entendons de plus en plus de personnes qui ont du mal à régler les problèmes les plus basiques du quotidien… », a reconnu Romuald Wadagni.
C’est un aveu de lucidité, à la veille de la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 12 avril au Bénin. Romuald Wadagni n’a pas seulement célébré les succès macro-économiques auxquels il a contribué. Le candidat de la majorité a surtout reconnu l’impatience d’une jeunesse qui attend que la croissance se ressente enfin dans son quotidien. Son projet de société 2026-2033 repose sur une promesse : l’industrialisation de proximité. Pour lui, l’avenir se joue désormais dans les nouvelles régions qui seront créées, avec une priorité : transformer le potentiel numérique en emplois réels.
« Face à la démographie et au nombre de jeunes qui sont en recherche d’emploi, il est indispensable que dans chaque région, il y ait au moins une industrie. Nous allons nous assurer que vous jeunes, partout où vous êtes dans le Bénin, vous disposiez d’un écosystème qui vous permette de vous former, de vous encadrer et de faire éclore tous vos savoir-faire sur le domaine numérique », promet Romuald Wadagni.
« Nous sommes persuadés qu’en mettant l’accent sur la technologie, en vous donnant tous les moyens qu’il faut, le Bénin deviendra un pays exportateur de solutions technologiques. »
Les jeunes attendent de voir
Mais dans les rangs des jeunes diplômés, le scepticisme demeure. A l’image de Kassim Dramane, on ne veut plus de promesses sur papier, mais des centres de formation équipés et opérationnels.
« On entend parler de Glo-Djigbé (zone économique spéciale) et des usines, c’est bien. Mais nous, on veut être sûrs que la formation promise sera pratique. On ne veut plus de théories. Si Wadagni installe vraiment des centres équipés directement dans nos régions, là, on pourra dire que le pays avance avec nous. »
L’autre pilier du programme Wadagni vise à briser le verrou de l’accès au capital. Le candidat propose une plateforme d’inclusion financière capable de débloquer des fonds en un temps record.
« Nous allons mettre en place une plateforme d’inclusion financière qui permettra d’avoir, quasi instantanément l’accès au financement, en tout cas dans un délai de 48 heures. »
Une solution attendue avec impatience par les jeunes filles, de plus en plus nombreuses à se lancer dans l’entrepreneuriat, mais souvent freinées par les banques classiques à l’instar de Nassirath à Parakou, dans le nord du pays.
« Pour nous les filles, obtenir un prêt, c’est un parcours du combattant. On nous demande des garanties que nous n’avons pas. Si cette plateforme de crédit digital permet d’avoir un financement rapidement sur nos téléphones pour acheter du matériel ou du tissu, ce sera une libération. C’est ce genre de projet concret qu’on attend du prochain président. »
Avec son projet de société « Plus loin, ensemble », Romuald Wadagni, 49 ans, entend par ailleurs faire confiance aux jeunes. Le candidat de la majorité présidentielle joue gros : transformer l’essai des réformes structurelles en un pacte social avec la jeunesse.
Deux tickets présidentiels vont s’affronter lors de la présidentielle du 12 avril. Le premier duo est composé de Romuald Wadagni, dauphin du président Patrice Talon et actuel ministre de l’Economie et des Finances, ainsi que Mariam Chabi Talata, présentement vice-présidente du Bénin.
Ils vont défendre les couleurs de la coalition au pouvoir face au ticket du parti Forces Cauris pour un Bénin Emergent considéré comme de l’opposition modéré. Ce duo est formé de Paul Hounkpè, le président de la formation et de Judicael Hounwanou.