Après des attaques armées au Nigéria : Plus de 3.000 réfugiés nigérians à Ségbana, MSF alerte

Actualités

‎Fuyant les attaques de groupes armés dans le nord du Nigeria, plus de 3 000 personnes ont trouvé refuge à Ségbana, dans le département de l’Alibori, depuis la fin du mois de février 2026. Face à cet afflux massif, Médecins Sans Frontières a déclenché une intervention d’urgence pour renforcer la prise en charge sanitaire, améliorer l’accès à l’eau potable et soutenir les familles déplacées. Toutefois, l’organisation humanitaire alerte.

‎Devant l’ampleur de cet afflux, Médecins Sans Frontières (MSF) a procédé à une évaluation rapide de la situation avant de déployer une intervention d’urgence destinée à répondre aux besoins médico-humanitaires les plus pressants. L’organisation a notamment renforcé les capacités du centre de santé de Ségbana en y mobilisant du personnel médical et paramédical supplémentaire. L’équipe a été étoffée avec des infirmiers, une sage-femme, un laborantin, des aides-soignants, du personnel d’entretien ainsi qu’une psychologue chargée de l’accompagnement psychosocial des personnes affectées par les violences et le déplacement.

‎Les premiers chiffres, selon les informations, illustrent la pression exercée sur les services de santé locaux. Entre le 4 et le 9 mars 2026, 811 consultations ont été enregistrées au dispensaire de Ségbana, dont 145 au profit d’enfants de moins de 5 ans. Durant la même période, le service de maternité a assuré 161 consultations et le suivi de 131 femmes enceintes. Les équipes ont également assisté 21 accouchements, enregistré 19 hospitalisations et procédé à 10 références vers des structures de santé spécialisées. Selon MSF, cette fréquentation constitue une hausse notable pour un centre de santé qui accueille habituellement près de 500 patients par mois.

‎Au-delà de l’assistance médicale, des actions ont été engagées pour améliorer les conditions de vie des déplacés. Ainsi, 600 kits essentiels ont été distribués aux ménages. Chaque kit comprend notamment des serviettes hygiéniques, du savon, des pastilles de purification d’eau, des couvertures, des moustiquaires, des nattes, un bidon de 20 litres et un gobelet.

‎L’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement a également été renforcé. Des réservoirs d’eau d’une capacité de 5 000 litres ont été installés aussi bien au centre de santé de Ségbana qu’au sein de la communauté afin de garantir la disponibilité d’eau potable pour les patients et le personnel soignant. En parallèle, des opérations de vidange de fosses ont été menées au centre de santé et dans la communauté. Dans plusieurs habitations hébergeant un nombre important de personnes déplacées, parfois plus de 200 par maison, 17 toilettes ont été construites pour améliorer l’hygiène et limiter les risques sanitaires.

‎Il faut préciser qu’à Ségbana, les équipes de Médecins Sans Frontières poursuivent leurs activités afin d’assurer la continuité des soins et de répondre aux besoins urgents de ces populations déracinées par la violence.

MSF alerte

A Segbana, ces déplacés ont trouvé refuge auprès de proches ou de familles d’accueil avec lesquelles ils entretiennent des liens familiaux ou communautaires. Face à l’ampleur de la crise, il y a déjà des limites a cette solidarité.

MSF a déployé sur le terrain depuis le 4 Mars une prise en charge gratuite des soins de santé primaires et un accompagnement psychosocial aux réfugiés et aux populations locales. MSF répond ainsi de manière rapide aux besoins les plus urgents en matière de santé, de traumatismes psychologiques et de vulnérabilité sociale.
Toutefois, l’organisation humanitaire évoque un défi majeur : l’absence d’infrastructures d’accueil adaptées. « Il n’y a pas d’abri pour les réfugiés. Alors cela pose beaucoup de problèmes pour garantir des conditions de vie dignes à cette population », alerte Angela Brucato, cheffe de mission de MSF au Bénin. Elle fait savoir aussi que les ménages qui accueillent ces réfugiés disposent eux-mêmes de ressources limitées.
Pour MSF, la mise en place de sites dédiés ou de centres d’hébergement temporaires devient alors une nécessité.


‎A. A

 

A lire aussi:

 

Un enfant tué à coups de hache par un malade mental