Niger : L’État islamique revendique l’attaque de l’aéroport de Niamey

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(1.000 tonnes d’uranium au centre de toutes les convoitises)

L’État islamique a revendiqué vendredi l’attaque contre l’aéroport Diori-Hamani et la base militaire 101, à Niamey, a indiqué le groupe Site, spécialisé dans la recherche antiterroriste, citant Amaq, l’agence de propagande de l’État islamique. L’aéroport international et la base militaire, qui se trouve à une dizaine de kilomètres de la présidence, ont été la cible d’une attaque faisant 20 morts côté assaillants, selon la junte militaire nigérienne.

Abdourahamane Tiani a affirmé avoir obtenu de l’aide de « partenaires russes » et a accusé les présidents français, béninois et ivoiriens – Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara – , d’être les « sponsors » des assaillants.

L’attaque a causé « des dégâts significatifs »

Le Niger est miné depuis une dizaine d’années par les violences jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, lié à Al Qaïda) et de l’État islamique au Sahel dans sa partie occidentale et dans le sud-est. Il est inhabituel qu’elles touchent la capitale.

Selon Site, « les combattants de l’État islamique étaient derrière l’opération à la base militaire de l’aéroport international Diori Amani ». Citant Amaq, Site ajoute que l’attaque a causé « des dégâts significatifs ». Selon la junte, pendant l’attaque, quatre militaires nigériens ont été blessés, vingt assaillants ont été tués dont « un Français » et onze autres ont été arrêtés dans des combats qui ont duré environ une heure.

A en croire le site « lesoir.be », l’attaque survenue jeudi passé contre l’aéroport de Niamey,  n’est pas un simple incident sécuritaire. Le site abriterait environ 1.000 tonnes d’uranium concentré, devenu un enjeu géopolitique majeur depuis le putsch de 2023.

Bataille judiciaire

En juin dernier, la junte militaire a annoncé la nationalisation de la Somaïr. Orano, dont le capital est détenu à plus de 90 % par l’État français, a engagé plusieurs procédures d’arbitrage international contre l’État du Niger.

Fin septembre, l’entreprise a annoncé la décision en sa faveur d’un tribunal concernant la mine de la Somaïr. Selon Orano, ce tribunal a enjoint au Niger de ne pas vendre l’uranium produit par la Somaïr, dont le site compte environ 1300 tonnes de concentré, représentant une valeur marchande de 250 millions d’euros.

D’après des informations publiées ces derniers jours par le média LSI Africa et Wamaps, un groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans l’actualité sécuritaire au Sahel, un convoi transportant 1000 tonnes d’uranium serait récemment parti d’Arlit, ville du nord où se trouve le site de la Somaïr, pour atteindre le port de Lomé, la capitale togolaise, en passant par le Burkina Faso. Pour l’heure, l’AFP n’a pas pu vérifier cette information de source indépendante.

Le Niger fournit 4,7 % de la production mondiale d’uranium naturel, selon des chiffres de 2021 de l’agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA).

(Avec AFP et J.A.à