À l’approche de la présidentielle de 2026, le Bloc présidentiel est face à une équation politique aussi stratégique que pédagogique. Voici l’analyse de Distel Amoussou dans son « Osons le dire » (opinion).
Au-delà de la consolidation de son socle naturel, l’enjeu majeur réside dans sa capacité à élargir son audience électorale, à parler à ceux qui, jusqu’ici, n’ont pas fait le choix des partis accompagnant la gouvernance du président Patrice TALON.
Cette frange de l’électorat n’est ni marginale ni négligeable. Elle se compose notamment des 16 % de voix recueillies par Les Démocrates (LD) et des 5 % obtenues par la FCBE lors des derniers scrutins.
Ces électeurs, souvent critiques mais pas nécessairement hostiles, constituent un vivier stratégique.
Les convaincre ne saurait relever d’une simple rhétorique électorale ; cela exige un discours de vérité, un effort d’écoute et une pédagogie politique axée sur les résultats, les perspectives et la vision d’avenir.
Dans cette dynamique, la candidature de Romuald WADAGNI ne devra pas seulement être portée comme une évidence technocratique ou institutionnelle. Elle devra être valorisée par un travail de fond sur la compréhension de l’acte de vote.
L’un des signaux faibles mais préoccupants du paysage électoral béninois demeure le taux élevé de bulletins nuls
L’un des signaux faibles mais préoccupants du paysage électoral béninois demeure le taux élevé de bulletins nuls. Ce phénomène, loin d’être anodin, traduit à la fois des insuffisances en matière d’éducation civique et une distance persistante entre l’électeur et les mécanismes électoraux.
Réduire significativement ce taux passe par des campagnes de formation ciblées, des messages clairs et des dispositifs de sensibilisation adaptés aux réalités locales.
Quant à l’abstention, elle reste un défi structurel. Certes, elle s’explique par une pluralité de facteurs : désintérêt politique, contraintes socio-économiques, défiance ou simple éloignement du processus électoral.
Mais elle ne doit pas être acceptée comme une fatalité. Le Bloc présidentiel gagnerait à investir de manière méthodique et productive le terrain des primo-votants.
Cette jeunesse électorale, souvent en quête de repères et de perspectives concrètes, représente un grenier stratégique. Lui parler, c’est sortir des slogans, contextualiser les réformes, expliquer les choix et projeter un avenir crédible.
La présidentielle de 2026 ne se gagnera donc pas uniquement dans les états-majors politiques ou à coups de grandes messes partisanes.
La présidentielle de 2026 ne se gagnera donc pas uniquement dans les états-majors politiques ou à coups de grandes messes partisanes. Elle se jouera aussi dans la capacité à convaincre au-delà de son camp, à éduquer l’électeur, à réduire les votes perdus et à transformer l’abstention en participation active.
C’est à ce prix que le Bloc présidentiel pourra non seulement remporter l’échéance, mais lui donner une véritable valeur démocratique et politique.
DISTEL AMOUSSOU
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