Sénégal : Les députés durcissent la répression de l’homosexualité

Afrique

‎À l’issue de débats intenses à l’Assemblée nationale, le Sénégal a franchi un nouveau cap dans la répression de l’homosexualité. Les députés ont adopté, mercredi 11 mars, une loi qui double les peines de prison pour les relations entre personnes de même sexe et introduit de nouvelles infractions liées à l’apologie et au financement de l’homosexualité.

‎Le texte prévoit désormais des peines de cinq à dix ans d’emprisonnement, contre un à cinq ans auparavant, pour toute personne reconnue coupable d’acte qualifié de « contre nature ». Les amendes sont également revues à la hausse et peuvent atteindre 10 millions de francs CFA, contre 1,5 million précédemment.

‎La nouvelle loi précise explicitement que les actes sexuels entre deux personnes du même sexe entrent dans la catégorie des actes contre nature. Elle introduit en outre deux nouvelles infractions : l’apologie et le financement de l’homosexualité, passibles de trois à sept ans de prison. Pour encadrer la dénonciation et éviter les abus, la loi sanctionne également la délation abusive par deux à cinq ans de prison et une amende allant de 500 000 à 2 millions de FCFA.

‎Très suivis par l’opinion publique, les débats ont mobilisé une assemblée quasiment pleine. Après 78 interventions à la tribune, le texte a été adopté peu après 21h30 par 138 voix pour, aucune contre et trois abstentions, selon un reportage de Radio France Internationale.

‎Pour le député du parti au pouvoir Pastef, Ismaël Wone, cette réforme répond à une promesse de campagne. Selon lui, la population exigeait une révision de la loi datant de 1965, l’homosexualité étant perçue comme contraire « aux modèles et normes de conduite » du pays.

‎A. ABALLO