France : Le rappeur Naps condamné à sept ans de prison pour viol

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Le rappeur français Naps a été condamné, jeudi 19 février 2026, à sept ans de prison. Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, écope de cette peine pour avoir violé une jeune femme dans son sommeil en octobre 2021 dans une chambre d’hôtel parisienne. La cour criminelle de Paris a fait valoir « l’absence de consentement » et souligné que la plaignante avait de « façon constante » dit « qu’elle dormait » et que « la douleur de la pénétration l’avait réveillée ». L’artiste va faire appel.

C’est l’épilogue d’une affaire judiciaire qui a commencé avec une plainte déposée en octobre 2021. Une jeune femme, alors âgée de 20 ans, y indique avoir passé la soirée dans une boîte de nuit parisienne, invitée par « un promoteur » avec deux amies. Une façon pour des femmes, sélectionnées, d’accéder gratuitement aux clubs de la capitale, sans contrepartie.

Le rappeur Naps – Nabil Boukhobza – s’y trouve, accompagné de son cousin et manager, d’un garde du corps, ainsi que d’un journaliste sportif et d’un ami de ce dernier. Conviées à leur table par le rappeur, les jeunes femmes assurent le rencontrer pour la première fois. Serveuse dans un restaurant, Emma (prénom modifié), alors en arrêt maladie, déclare lors de son audition qu’elle ne se sentait pas en forme ce soir-là mais qu’elle s’était forcée à sortir pour se changer les idées.

Vers 4h30, Nabil Boukhobza propose de prolonger la soirée dans son hôtel proche de la gare de Lyon. Après avoir consommé du cannabis, de l’alcool et du protoxyde d’azote, lors du trajet puis dans la chambre, celle-ci est « progressivement quittée par les amis du rappeur », qui se retrouve seul avec les trois jeunes femmes qui avaient été priées de laisser leur téléphone à l’entrée.

La jeune femme a dénoncé un « viol par surprise » dans son sommeil

C’est à partir de cet instant que les récits divergent. Sans se dévêtir, tous se couchent dans le même lit, épuisés par une nuit de fête. Emma décrit avoir alors été « dans les vapes », « entre le réveil et le sommeil », lorsqu’elle sent quelqu’un lui baisser ses sous-vêtements. Elle dit ensuite avoir été réveillée par la « douleur d’une pénétration vaginale » et avoir tenté de repousser le rappeur.

Lorsqu’elles quittent l’hôtel vers 10h00, Emma, mutique, est encouragée par une de ses amies à déposer plainte. Des traces d’ADN du rappeur sont retrouvées sur ses vêtements, ainsi qu’une lésion au niveau de son hymen. De son côté, Naps, l’artiste marseillais qui a fêté ses 40 ans dimanche et qui comparaissait libre devant la cour criminelle de Paris, a affirmé aux enquêteurs qu’il s’agissait d’un rapport sexuel consenti, la jeune femme ayant « émis des gémissements de plaisir ».

« On essaie de vous faire croire qu’il s’agit de parole contre parole », mais les déclarations « circonstanciées » de la plaignante, qui « n’a jamais varié » dans son récit, prouvent un « viol par surprise », avait estimé plus tôt l’avocate générale, Me Sarah Cadeillan.

Naps va faire appel

La justice a estimé que la plaignante « était susceptible de ne pas être en état d’exprimer un consentement libre et éclairé », en raison notamment de « témoignages constants des deux témoins » sur le fait qu’elle dormait. À l’annonce du verdict, Emma a fondu en larmes de soulagement. « Elle a été entendue, elle a été crûe, la cour l’a pleinement reconnue dans sa qualité de victime après cinq ans de procédure, donc c’est un vrai soulagement pour elle », s’est félicité Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, l’avocat de la plaignante.

Le rappeur aux plus de trois millions d’abonnés sur YouTube, l’air abattu, a lui pris sa femme dans ses bras et a aussitôt été placé dans le box non vitré des accusés par des gendarmes, dans l’attente d’être conduit en prison. « La décision est incompréhensible (…) pas un seul mot sur l’élément intentionnel, pas un seul mot, sur est-ce que Naps a eu l’intention d’imposer un rapport sexuel (…) Évidemment, on va faire appel », a réagi Me Nabil Boudi, l’un de ses trois avocats.