Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko est en visite à Rabat au Maroc lundi 26 janvier, soit une semaine après les incidents de la finale de la CAN 2025 remportée par l’équipe du Sénégal face au Maroc. Sur fond de tensions entre supporters des deux pays, le Sénégal et le Maroc organisent leur 15e commission mixte.
La dernière commission mixte avait eu lieu il y a 12 ans. Mais il y a visiblement l’envie de tourner la page, de changer de séquence médiatique, souligne le correspondant de RFI à Rabat, Matthias Raynal.
Même si ce rendez-vous diplomatique avait été annoncé en novembre, aucune date n’avait encore été fixée. Sa tenue ces 26 et 27 janvier est donc très opportune.
« Le sport ne peut résumer les relations entre les deux nations »
Les chefs de gouvernement sont arrivés ensemble au ministère des Affaires étrangères. Tout sourire, ils ont salué dans la salle de conférence les responsables de leurs deux pays avant d’inaugurer cette commission mixte par un bref discours, chacun à leur tour.
Dans le sien, Aziz Akhannouch a insisté sur « la longue histoire de fraternité » qui unit le Sénégal et le Maroc, revêtant différents aspects « humain, religieux et économique ». Le Premier ministre marocain n’a fait aucune référence explicite aux tensions nées lors de la finale de la CAN 2025. Il faut lire entre les lignes de son discours. « Le sport est un outil pour rapprocher les peuples », affirme-t-il ainsi.
Ousmane Sonko est bien plus frontal. « Cette visite intervient dans un contexte chargé d’émotion sportive », assure-t-il. Mais le Premier ministre sénégalais refuse de la voir comme « un voyage d’apaisement ». « Le sport, si passionnant et passionné soit-il, ne peut résumer les relations entre les deux nations », assure-t-il.
Après ces deux prises de parole, les portes de la salle de conférence se sont refermées. Le reste de cette commission mixte se déroule à huis clos.