« Le militantisme, cette longue école de la grandeur publique ! ». C’est le thème de la Chronique hebdomadaire de madame Christhelle Houndonougbo Alioza. Selon CHA, « contrairement aux illusions répandues, le militantisme ne s’épuise ni dans les périodes électorales ni dans les moments de visibilité publique. Il se manifeste dans la fidélité aux principes, dans la constance du service et dans la capacité à persévérer lorsque les fruits tardent à mûrir ». Lisez plutôt.
Chers ami·e·s,
À l’entame de cette nouvelle année, qu’il nous soit permis d’adresser à l’ensemble des fidèles lecteurs des Chroniques de CHA nos vœux les plus sincères de clarté d’esprit, de constance dans l’effort et de dignité dans l’engagement. Que ces mots puissent vous trouver debout, lucides et résolus, attentifs à votre santé, à votre travail et à la noblesse de tout ce que vous entreprenez. Efforcez-vous, chaque jour, de vous élever au-dessus de vous-même, non pas dans une rivalité stérile avec autrui, mais dans l’exigence intérieure qui fonde les trajectoires des succès durables. C’est dans cette discipline intime, souvent silencieuse, que se préparent les destins solides. Et c’est précisément en ce lieu que s’enracine le sens véritable du militantisme.
Le militantisme ne saurait être réduit à une formule, à une posture circonstancielle ou à une agitation de façade. Il est d’abord un engagement de conscience, librement consenti, durablement assumé, mis au service d’une cause collective, d’une vision partagée, d’un idéal qui transcende l’individu. Militer, c’est accepter d’inscrire son existence dans une continuité historique, de se faire, modestement mais résolument, acteur d’une œuvre plus vaste que soi. Militer, c’est consentir à l’effort dans la durée, offrir son temps là où l’indifférence serait plus commode, supporter l’épreuve de l’ombre lorsque la lumière se fait rare. Dans toutes les organisations, il existe ainsi des militants de l’ombre, rarement exposés, mais toujours présents aux moments décisifs. Ils organisent, mobilisent, forment et rassurent, acceptant les tâches les moins visibles sans jamais se détourner de la ligne collective. Année après année, leur rigueur, leur loyauté et leur constance finissent par s’imposer comme une évidence. Lorsque vient l’heure des responsabilités, ce sont eux que l’on consulte, que l’on écoute, que l’on appelle à diriger. Leur parcours illustre une vérité essentielle : on ne devient pas leader par proclamation, mais par fidélité à l’effort et aux valeurs partagées.
Contrairement aux illusions répandues, le militantisme ne s’épuise ni dans les périodes électorales ni dans les moments de visibilité publique. Il se manifeste dans la fidélité aux principes, dans la constance du service et dans la capacité à persévérer lorsque les fruits tardent à mûrir.
Contrairement aux illusions répandues, le militantisme ne s’épuise ni dans les périodes électorales ni dans les moments de visibilité publique. Il se manifeste dans la fidélité aux principes, dans la constance du service et dans la capacité à persévérer lorsque les fruits tardent à mûrir.
Pour la jeunesse, le militantisme constitue une véritable école de formation civique, morale et politique. Par l’engagement au sein d’une organisation, d’un mouvement ou d’un parti, elle apprend la discipline collective, le sens de l’écoute, le respect des cadres et l’art difficile de la gestion des divergences.Nombre de jeunes entrent dans cet engagement avec ferveur et impatience. Certains, cependant, acceptent d’apprendre avant de revendiquer. Ils observent, écoutent, se forment, participent aux débats internes, se confrontent aux réalités du terrain et comprennent peu à peu que l’engagement est un chemin, non pas un raccourci. À travers les épreuves, les doutes et les victoires silencieuses, ils acquièrent une maturité politique et humaine qui fonde leur légitimité future. Lorsqu’ils accèdent à des fonctions de responsabilité, leur autorité repose sur un long parcours d’engagement sincère et assumé. Militer, c’est apprendre à servir avant de prétendre conduire,
c’est comprendre avant de juger, bâtir avant de revendiquer. Le militantisme est une école de patience et une forge du caractère. Il est un chemin exigeant, parfois austère, jalonné d’erreurs et de remises en question, mais aussi de conquêtes intérieures. À force de persévérance, il permet d’accumuler cette expérience irremplaçable qui confère au temps sa valeur éducative et transforme l’engagement en autorité morale. On ne devient pas leader par impatience ou par effraction, mais par la fidélité à l’effort, à la discipline et aux valeurs collectivement assumées. Car aucune construction durable ne saurait prospérer dans l’indiscipline ni dans le mépris des règles communes.
Les grandes figures de la pensée et de l’action politique ont, de longue date, souligné la portée structurante de l’engagement militant. Antonio Gramsci identifiait dans le militant conscient un intellectuel organique, capable d’articuler la réflexion théorique à l’action concrète. Frantz Fanon rappelait que l’engagement authentique transforme tout à la fois les structures sociales et l’homme qui s’y consacre. Nelson Mandela enseignait, quant à lui, que les victoires collectives les plus décisives sont souvent le fruit d’engagements constants, obscurs et douloureux, patiemment assumés. L’histoire contemporaine en offre de puissantes illustrations. Nelson Mandela a été d’abord un militant infatigable, éprouvé par la lutte et la privation de liberté, avant d’incarner la réconciliation nationale en Afrique du Sud. Thomas Sankara s’est formé dans le militantisme révolutionnaire avant de conduire le Burkina Faso avec une vision claire, exigeante et assumée. Plus près de nous, nombre de responsables politiques, d’élus locaux et d’acteurs de la société civile ont émergé à l’issue de longs itinéraires militants, faits de sacrifices, d’apprentissage et de fidélité à une cause.
Le militantisme ne se proclame pas , il se construit. Il forme les consciences, prépare aux charges publiques et révèle les authentiques serviteurs de l’intérêt général. À une jeunesse parfois tentée par l’impatience et les raccourcis, le militantisme rappelle que nul ne franchit impunément les étapes de la formation sans en payer le prix. Les chemins hâtifs fragilisent les édifices ; la patience en consolide les fondations.
En ce début d’année, nous formulons le vœu que les semaines à venir soient placées sous le signe de l’engagement sincère, du travail méthodique et du militantisme responsable. Car ce sont ces vertus discrètes, mais essentielles, qui conduisent aux victoires durables et aux responsabilités dignement assumées.
CHA
Femme Noire, Femme de Pouvoir!