Structure d’accueil d’enfants atteints d’albinisme à Abomey-Calavi : Le gouvernement dénonce une collecte de fonds illégale et engage des poursuites

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À la suite d’une vidéo virale appelant à des dons pour un centre d’accueil d’enfants atteints d’albinisme à Abomey-Calavi, le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance a mené une enquête conjointe. Verdict : installations non conformes, appel à la générosité publique illégale et atteinte au système de protection sociale. Des procédures judiciaires sont en cours.

Le Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance du Bénin est monté au créneau face à une affaire devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué radiodiffusé et télévisé en date du 25 mars 2026, l’institution dénonce une initiative illégale liée à une prétendue structure d’accueil d’enfants atteints d’albinisme à Abomey-Calavi.

‎A l’origine, une créatrice de contenus qui a diffusé une vidéo évoquant les difficultés d’un centre présenté comme un lieu de transit pour enfants albinos. Dans la foulée, un appel public aux dons a été lancé afin de mobiliser une assistance financière.

Face à l’ampleur de la situation, une mission conjointe a été diligentée. Elle a mobilisé les services compétents du ministère, le Parquet près le tribunal de première instance d’Abomey-Calavi ainsi que le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Objectif : vérifier la véracité des faits avancés.

Les conclusions de cette descente sont sans appel. Les autorités ont constaté que les installations de la structure incriminée ne respectent pas les normes réglementaires en vigueur en matière d’accueil et de protection des enfants. Une situation jugée préoccupante au regard des enjeux liés à la protection des personnes vulnérables.

Plus encore, le ministère rappelle que, conformément à la loi n° 2025-19 du 22 juillet 2025 relative aux associations et fondations, toute organisation souhaitant faire appel à la générosité publique doit être reconnue d’utilité publique et se conformer à des conditions strictes. Or, l’ONG Valeur Albinos, mise en cause dans cette affaire, ne remplit pas ces exigences légales, précise le communiqué.

Le communiqué souligne également que la publication de la vidéo ne respecte ni les règles en vigueur ni les principes fondamentaux de protection des enfants vulnérables, exposant ces derniers à des risques supplémentaires.

Face à la gravité des faits et aux atteintes portées à l’image du système national de protection sociale, le ministère a décidé d’engager des procédures judiciaires contre les personnes impliquées.

Dans le même temps, les autorités appellent les populations à la vigilance, les invitant à s’en remettre exclusivement aux structures officiellement reconnues pour toute action de solidarité. Un message ferme est également adressé aux acteurs du numérique, exhortés à faire preuve de responsabilité dans le traitement et la diffusion d’informations sensibles, notamment celles concernant les enfants.

‎Aser ABALLO