Sénégal : La répression de l’homosexualité s’intensifie, une vingtaine de personnes arrêtées depuis une semaine

Afrique

Au Sénégal, la traque des personnes homosexuelles s’intensifie. Depuis deux semaines, les arrestations se multiplient à travers le pays, parfois mises en scène sur les réseaux sociaux. Dernier cas en date : celui du tiktokeur Saliou Mbaye, connu sous le pseudonyme de Zale, interpellé vendredi 20 février à la frontière sénégalo-gambienne alors qu’il tentait de quitter le territoire, selon les autorités. Dans le même temps, le gouvernement a adopté en Conseil des ministres un projet de loi pour durcir encore la répression.

Au total, 22 hommes ont été arrêtés en l’espace de quinze jours au Sénégal. Parmi eux figurent des personnalités des médias et de la culture, mais aussi des anonymes. Les forces de l’ordre disent vouloir démanteler des « réseaux ». Dans le même temps, l’association islamique Jamraa menace de jeter en pâture une liste de 650 noms de personnes présumées homosexuelles, sur de simples suspicions.

Ce climat alimente une peur. En privé, des militants d’associations LGBTQ+ redoutent pour leur sécurité, tandis que des défenseurs des droits humains s’inquiètent d’un durcissement de la répression.

D’autant qu’un amalgame s’est installé dans certains médias sénégalais entre ces arrestations et une autre grosse arrestation : celle d’un groupe d’hommes accusés d’appartenir à un réseau pédocriminel. Dans les deux dossiers, les suspects sont également accusés de transmission volontaire du VIH.

« L’apologie de la philosophie LGBTQ+»

Sur le terrain, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Certaines personnes séropositives hésitent désormais à se rendre dans les centres de traitement, craignant d’être arrêtées à leur tour.

Dans ce contexte, le gouvernement sénégalais a adopté en Conseil des ministres un projet de loi visant à renforcer les sanctions contre les actes homosexuels. Les peines encourues passeraient de cinq à dix ans de prison. Le texte prévoit également de sanctionner « l’apologie de la philosophie LGBTQ+».

L’ONG Human Rights Watch demande la libération des personnes arrêtées et s’inquiète d’un risque accru d’atteintes aux libertés fondamentales.