Codjo Hinlin, Sg de la Cosi-Bénin décrypte le double scrutin du 11 janvier 2026 : « Globalement, on peut dire que les élections se sont bien déroulées »

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(« Nous, nos attentes, c’est que tout se déroule dans la paix parce que la satisfaction des revendications des travailleurs ne peut pas se faire dans un pays en crise », dit-il)

A la  veille du double scrutin du 11 janvier 2026, le Secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes  du Bénin (Cosi-Bénin) a  exhorté ses concitoyens, notamment les travailleurs à aller dans la quiétude et dans le respect mutuel, voter pour les candidats de leur choix . La Cosi-Bénin a ainsi joué sa partition dans le déroulement pacifique de ces joutes électorales.  Dans un entretien qu’il a accordé au journal Le Matinal, le Sg Cosi-Bénin, Codjo Hinlin fait un décryptage du processus électoral. Il appelle à l’impartialité des institutions chargées de proclamer les résultats.

 

Question: Le Bénin a tenu les élections couplées, Communales et Législatives le 11 janvier 2026, un test grandeur nature pour nos institutions. Vous avez suivi le déroulement de ces élections ; quelle lecture en faites-vous ?

Codjo Hinlin : Comme tous les citoyens béninois, j’ai suivi en tant que citoyen électeur, le déroulé des élections couplées, comptant pour les Législatives, les Communales et Municipales. Je pense que dans l’ensemble, il n’y a pas eu un grand dérapage parce que les élections se sont déroulées dans une ambiance de paix où chaque électeur qui le désire a pu se rendre librement dans son bureau de vote pour exprimer son suffrage. Je crois que globalement, c’est ce qu’on peut retenir. Il y a aussi eu en dehors du retard, qui a été constaté au niveau de certains bureaux de vote dans certaines localités de notre pays, que globalement, la plupart des bureaux de vote, on pu ouvrir à temps. Nous n’avons pas eu écho du bourrage d’urnes. Donc, globalement, on peut dire que les élections se sont bien déroulées.

En tant que représentant des travailleurs, comment avez-vous apprécié le comportement des populations durant cette journée électorale ?

En tant que représentant des travailleurs, avant même le jour du vote, notre Confédération a rendu publique une déclaration pour inviter les travailleurs au comportement citoyen, au comportement républicain. Nous les avons invités à se rendre librement dans les centres de vote, dans les bureaux de vote, exprimer leur choix et de rentrer chez eux. Nous les avons appelés à ne pas se mêler à des activités qui pourraient leur créer des problèmes. La  Cosi-Bénin n’a pas été seule dans cette dynamique, Il y a eu d’autres organisations qui ont aussi tenu les discours de même nature. Donc, nous pensons que les citoyens nous ont suivis et ne se sont pas laissés emporter par des jeux qui pourraient leur créer des problèmes pour leur liberté et même pour leur vie.

A cette étape des choses, vos attentes ont-elles été comblées ?

Nous, nos attentes, c’est que tout se déroule dans la paix parce que la satisfaction des revendications des travailleurs ne peut pas se faire dans un pays en crise. Et donc, notre première préoccupation est que tout se déroule en paix et c’est ce qui a été fait. Le reste, nous pensons que les instances habilitées à apprécier, le feront le moment venu.

Avez-vous des critiques quant à la fiabilité des résultats qui seront proclamés par les institutions en charge du jeu électoral ?

 Il est vrai que le jeu ne se déroule pas seulement dans les urnes. Il pourrait avoir des situations non maîtrisables par les citoyens ordinaires que nous sommes. Mais je pense globalement que, tel que les textes ont été taillés, le seul problème qu’il pourrait y avoir, qui a priori n’entâche pas la crédibilité ou n’entacherait pas la crédibilité de fond du vote, c’est la question de 20%. Je doute fort que tous les partis politiques en lice parviennent à obtenir les 20% dans toutes les circonscriptions électorales. Comment ça va se gérer ? Est-ce que la Cour qui est habilité à donner les résultats va décider de violer cette disposition pour donner les résultats ? Bon, ça, on attend voir. Sinon, globalement, je pense quand même qu’il n’y a pas matière à trop craindre pour  la crédibilité de ce vote.

Un mot pour conclure cet entretien ?

Je pense que les autorités politiques de notre pays doivent saisir l’opportunité que le peuple leur offre en s’exprimant à travers le vote. Et je parle d’opportunité parce que depuis de longues années, nous n’enregistrons plus de fort taux de participation des citoyens aux élections politiques dans notre pays. Cela doit nous interpeller et nous faire comprendre qu’en réalité, c’est que le peuple n’est pas satisfait de la gouvernance politique, n’est pas satisfait des dirigeants qui nous gouvernent depuis plusieurs mandatures. Au début des années 90, la participation était très forte. Mais avec le temps, on se rend compte que, franchement, nos gouvernants se préoccupent très peu de nos réalités. Chacun fait ce qu’il peut ou ce qu’il pense bien pour lui et puis il s’en va. Et le peuple se rend compte que l’intelligence se succède, mais en réalité ses conditions de vie ne changent pas, ne s’améliorent pas comme souhaité. Et donc, il faut que les gouvernants puissent intégrer cette réalité à leur pratique de gouvernance pour l’améliorer et l’adapter aux besoins des citoyens. C’est un appel que je lance aux dirigeants de notre pays afin qu’ils puissent exercer le pouvoir d’État, exercer le pouvoir législatif, exercer le pouvoir municipal au niveau de nos communautés décentralisées, véritablement au profit du bas-peuple en prenant en compte ces préoccupations les plus importantes.

 

Propos recueillis par Sosthène Fadaïro ( Le Matinal)

 

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