(Le rôle de l’Eglise dans la promotion des droits des femmes et filles au menu)
Le Forum chrétien africain pour la transformation Focat-Bénin en collaboration avec Tearfund, a organisé la Journée internationale des droits de la femme (Jif) ce samedi 14 mars à Bénin royal hôtel à Cotonou. C’était sous l’égide du Pasteur Codjo Enock Philias Togbé, président du Focat-Bénin en présence d’une centaine de femmes, d’acteurs d’églises évangéliques, de la société civile, des leaders communautaires et des professionnels du droit. Cette activité s’est déroulée en trois phases : la cérémonie d’ouverture ; la communication inaugurale et un panel de discussions suivies de questions-débats et contributions.
Focat-Bénin et Tearfund (une organisation non gouvernementale de développement britannique) vient d’impacter les femmes et filles du monde chrétien ou non. Ces deux entités partenaires ont opté célébré, promouvoir et valoriser les femmes et les filles d’une autre façon, au lieu des foulards sur les têtes ç travers des chants et danses, autour de pots de vins.
En effet, dans son intervention, Sètondji Christian Aglitti, Directeur de projet, a d’abord exprimé sa gratitude aux participants de leur présence témoignant de l’intérêt qu’ils accordent à la promotion des droits des femmes et des filles, ainsi qu’à la construction d’une société plus juste et plus équitable. Il affirme ensuite que la Jif est bien plus qu’une simple commémoration et constitue un moment privilégié de réflexions, de mobilisation et d’engagement collectif pour faire avancer la cause de l’égalité. C’est pourquoi selon lui, nonobstant les progrès enregistrés dans plusieurs domaines, de nombreuses femmes et filles continuent de faire face à des injustices, à des violences et à des obstacles qui limitent leur plein épanouissement. Le Dp Glitti met ainsi en relief l’accès à la justice, la protection contre les violences, l’autonomisation économique et la participation équitable aux prises de décision restent des défis majeurs dans nos sociétés.
Quelle thérapie de choc ou que faire en l’espèce?
Sans détour, le Directeur de projet explique donc le bien-fondé de l’initiative. «C’est précisément pour contribuer à cette réflexion et encourager des actions concrètes que nous avons organisé ce panel qui réunit des experts, des acteurs de la société civile, des leaders communautaires et des professionnels du droit. D’où le thème central : ‘’Justice et action : le rôle de l’Eglise dans la promotion des droits des femmes et filles’’, pour être collé au thème mondiale. Il renchérit que les échanges vont permettre aux organisateurs d’analyser les défis, de partager des expériences et surtout de proposer des pistes de solutions pour renforcer la protection et la promotion des droits des femmes et des filles. Très optimiste pour les causes féminines, il confie « Nous croyons fermement que la promotion de la dignité de la femme n’est pas seulement une question de justice sociale, mais également une condition essentielle pour le développement harmonieux de nos communautés et de nos nations». C’est alors qu’il a, au nom du Focat-Bénin lancé officiellement les travaux de ces assises.
Riches présentations et communications
Après cette étape, suivront les phases présentations et communications. Ici, c’est le Président du Focat-Bénin, Codjo Enock Philias Togbé, qui a fait l’historique/la genèse, la vision, missions et les valeurs cardinales sur quoi se reposent la structure. En effet, dira-t-il, le Focat est né en marge de la conférence tenue à Kigali (Rwanda) du 16 au 21 septembre 2023, une initiative de Tearfund. Elle rêve selon lui de voir une Afrique florissante où des communautés et des systèmes transformés, inspirés par le Christ, favorisent un bien-être holistique et assit sur huit valeurs cardinales. Il s’agit de : la responsabilité; centrage sur l’église et la communauté; unité dans diversité; fondé sur la bible centré sur le Christ ; fondé sur des preuves ; innovation ; une voix et action courageuse et dignité humaine. Le présentateur a, cette occasion détaillé chacune de ces valeurs aux participants très satisfaits. En conclusion, il a entre autres évoqué de promouvoir la compréhension, la mise en œuvre efficace et l’expansion exponentielles de la mission dans le Bénin et de servir de relais entre les Eglises et les organisations pour la réussite de la mission intégrale. Il n’a pas occulté de faire savoir le tandem impactant et gagnant existant entre Focat-Bénin et Tearfund.
La promotion des droits de la femme n’est pas la lutte contre les hommes!
Pour sa part, dans sa présentation en ligne, Grâce Yao, Responsable chargée des activités de Tearfund dans quatre pays (Bénin, Togo, Cote d’Ivoire et le Niger), a également rappelé la vision et mission de Tearfund, ses priorités et ses attentes de la cérémonie. Pour elle, Tearfund est une Ong internationale britannique (en Grande Bretagne) pour le développement et est également chrétienne sans distinction de races, de religions, d’origines ou de genre en ce concerne ses bénéficiaires. Poursuivant, elle a laissé entendre que les priorités de l’Ong se trouvent dans la transformation des églises et de la communauté, de la durabilité environnementale et économique, de l’accompagnement pour la crise à la résilience, des sociétés réconciliées et enfin les questions de genre de protection et de la paix. Pour être en phase avec l’activité du jour, madame Grâce Yao insiste sur un aspect important et recommande d’éviter tout amalgame par rapport à la célébration de la Jif. «La promotion des droits des femmes et des filles n’est pas égale à la lutte contre les hommes. Non, non.», a-t-elle rejeté.
Attentes de Tearfund !
La chargée des activités de Tearfund a profité de l’occasion pour dévoiler ses attentes des assises. Elle met essentiellement l’accent sur: une implication du Focat Bénin pour la promotion des droits de la femme ; un engagement de leaders religieux et communautaires en faveur de la promotion des droits de la femme; une cohorte de champions et championnes de genre; une prise de conscience des femmes et jeunes filles sur leur valeur, leur potentiel ; un mouvement civil actif pour un plaidoyer fort et des actions concrètes en faveur des droits de la femme.
Communication inaugurale et panel de discussions
Abondant dans le même sens que madame Yao, dans sa communication portant sur ‘’Justice et action : garantir les droits des femmes et des filles dans nos communautés’’, Claudia Désirée Gouhouedé, magistrate a martelé que les droits des femmes et filles, ne sont pas d’opposer un genre à un autre. Mais de l’affirmer au contraire que chaque être humain quelle que soit son identité mérite de vivre dans la dignité, la sécurité et l’égalité des chances. Elle l’a articulé autour de quatre piliers principaux. Il s’agit selon elle: des mécanismes existant pour la
protection des femmes et des filles; défis liés à l’accès effectif des femmes et des filles à la justice ; des pistes de réformes ou d’actions concrètes à promouvoir aux niveaux communautaires et institutionnelles et enfin se demande à savoir si on peut avoir une collaboration entre les organisations confessionnelles en matière de la protection des droits des femmes et des filles et des instances judiciaires. Plusieurs aspects y ont été abordés pour illuminer les participants. Dans son développement, la loi et la foi doivent travailler la main dans la main pour préserver le Bénin de la paix et de concorde. Elle n’a manqué de faire des recommandations pour davantage accompagner et solidifier l’arsenal juridique et les réformes opérées en la matière au profit des femmes et filles.
Panel de discussions suivies de questions-débats et riches contributions.
Après cette brillante communication, un panel de discussions suivies de questions-débats généraux et contributions a été animé par les dames Claudia Désirée Gouhouedé, Andréa Adédodia, Lauriane Kindji, Alida Loko, toutes du domaine du droit et protections des femmes et filles et M. Marc Kakpo, homme de Dieu qui ont émerveillé les participants à cette activité qui impacté positivement. Ici, les panelistes ont chacun exposé et affirmé son leadership et vanté leur expertise sur la thématique.
Rappelons que pour l’édition 2026, le thème mondial retenu est: « Droits, Justice, Action pour toutes les femmes et les filles ». Des mots de clôture ont été prononcés pour signifier à quel point l’activité a été un véritable succès et un nouvel envol est pris pour la prochaine édition 2027.
A.H.