Déclaré vainqueur de la présidentielle du 28 décembre dernier, le président sortant va être investi pour un nouveau mandat de sept ans lors d’une grande cérémonie organisée à Bangui, lundi 30 mars. Pour l’occasion, ses soutiens se sont activés pour donner de la capitale l’image d’une ville en pleine renaissance.
Faustin-Archange Touadéra débute officiellement son 3e mandat à la tête de la Centrafrique ce lundi 30 mars. Un peu plus de deux mois après la validation de sa victoire à la présidentielle du 28 décembre avec 77,90% des voix par le Conseil constitutionnel malgré les accusations de fraudes lancées par son adversaire Anicet-Georges Dologuélé, le chef de l’État va prêter serment dans la journée pour un nouveau mandat. Une cérémonie au cours de laquelle il inaugurera aussi, symboliquement, la VIIe République mise en place par une nouvelle Constitution en 2023.
Pour l’occasion, ses soutiens se sont activés à Bangui, ces dernières semaines, afin d’en donner l’image d’une ville en pleine renaissance. Feux tricolores neufs et fonctionnels pour la première fois depuis 15 ans, travaux de bitumage d’urgence sur la place Omar-Bongo où la statue de la colombe a retrouvé des couleurs, rafraîchissement du complexe sportif Barthélemy-Boganda familièrement surnommé « Stade 20 000 places »…: les autorités centrafricaines ont beaucoup communiqué sur l’embellissement de la capitale à l’occasion de la cérémonie d’investiture qui doit se dérouler en trois temps et à laquelle plusieurs dirigeants de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) sont attendus, de même que le président en exercice de l’Union africaine (UA), le Burundais Évariste Ndayishimiye.
Nombreux défis
Ce sera un « moment sublime de communion » a par exemple promis le ministre de la Communication, Maxime Balalou alors que le porte-parole de campagne du président, Evariste Ngamana, a lui évoqué à ce propos « un acte politique fort, de souveraineté et de rupture, avec une portée historique majeure ».
Depuis samedi 28 mars, Faustin-Archange Touadéra a également une statue à sa gloire sur un rond-point de la capitale qui porte son nom, ce qui ne manque pas d’agacer l’opposant Crépin Mboli-Goumba : « Jamais depuis l’empire Bokassa on était allé aussi loin dans le culte de la personnalité », fustige ainsi celui-ci avant de poursuivre : « Tout cela se fait sans le peuple, en dehors d’une faction intéressée ».
Parmi les premières mesures que va devoir prendre le chef de l’État figure notamment la désignation d’un vice-président, en attendant un probable remaniement du gouvernement, après le second tour des législatives fin avril. À l’orée de son troisième mandat, de nombreux défis attendent Faustin-Archange Touadéra, qu’il s’agisse de la lutte contre la pauvreté en plein désengagement des ONG ou de la sécurité, alors que la mission de l’ONU est contrainte de réduire sa présence dans le pays.