(« Quels que soient vos intérêts, qu’aucun maire, ni de près ni de loin, n’acquiert aucun bien de la commune. », dixit le président Djogbénou)
Dans la salle du palais de la gratitude à Abomey-Calavi ce 1er mars, l’atmosphère est à la fois studieuse et conviviale. Les cadres du parti, maires, adjoints aux maires et conseillers communaux de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) ont écouté, attentifs et concentrés, le message sans détour de leur président, Joseph Djogbénou, également président de l’Assemblée nationale du Bénin.
Le président Djogbénou a adressé un message à la fin des différentes phases de communication. L’objectif est de poser les bases d’une gouvernance communale plus rigoureuse, plus inclusive et irréprochable.
« Aucun bien de la commune » : fermeté sur la gestion du domaine
Parmi les points les plus marquants du discours du président de l’UpR figure la gestion des affaires domaniales. Sur ce chapitre, Joseph Djogbénou a adopté un ton grave, presque pédagogique, fort de son expérience du milieu judiciaire. « Nous ne sommes pas maires, ni adjoints, ni conseillers pour acquérir des biens relevant du domaine communal », a-t-il averti. Avant d’énoncer une règle sans ambiguïté : « Quels que soient vos intérêts, qu’aucun maire, ni de près ni de loin, n’acquiert aucun bien de la commune. »
Dans la salle, les visages se sont figés. Le message était clair. Le président de l’UPR a mis en garde contre les risques liés aux opérations de déclassement du domaine public vers le domaine privé, évoquant la nécessité de respecter scrupuleusement les procédures : information du préfet, consultation des instances compétentes, décisions en Conseil des ministres.
« Quand ça recommence, on ne sait pas quand ça finit », a-t-il prévenu, soulignant que nul ne pourrait être sauvé par son appartenance politique en cas de manquements. Au-delà de la légalité, il a insisté sur la responsabilité historique des élus : protéger le patrimoine immobilier communal pour les générations futures.
Inclusion et équité : gouverner pour tous
Autre pilier du discours : l’inclusion. Pour Joseph Djogbénou, la gouvernance communale doit être « inclusive au sein déjà de la majorité », mais aussi tournée vers l’ensemble des forces vives.
Il a dénoncé les pratiques consistant à marginaliser un arrondissement pour des conflits interpersonnels avec un chef d’arrondissement ou un conseiller. « Nous ne sommes pas là pour nous-mêmes (…) Nous avons la gouvernance des communes pour nos compatriotes », a-t-il rappelé.
Le président de l’UpR a également appelé à une meilleure écoute des forces socio-économiques locales : artisans, transporteurs, acteurs économiques. « Ce n’est pas parce qu’on a écouté qu’on a décidé, mais écouter est très important », a-t-il souligné, plaidant pour une élaboration budgétaire plus participative.
Crédibilité et exemplarité : tenir parole
La crédibilité politique a constitué un autre axe fort de l’intervention. Satisfaire les engagements pris, intégrer les promesses électorales dans les budgets communaux et respecter les règles administratives sont, selon lui, les fondements d’une gouvernance durable.
« Il faut satisfaire les besoins et surtout les engagements que l’on a pris », a-t-il insisté, liant directement performance communale et respect des procédures statutaires : réunions régulières, convocation des conseils, fonctionnement harmonieux des organes communaux.
Aser ABALLO
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