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Prise d’ordonnance pour le dégel de la crise électorale

Talon clarifie et situe les responsabilités

(Une prise d’ordonnance serait la remise en cause de l’ordre constitutionnel du pays, « un coup d’état », dit-il)

Par Jean-Louis KOGBEDJI, 12 avril 2019 à 04:17 
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Le président Talon n’est pas prêt à violer la Constitution. Car, une prise d’ordonnance pour le dégel de la crise électoraleactuelle serait la remise en cause de l’ordre constitutionnel du pays, mieux « un coup d’état ». Cette clarification, le Chef de l’Etat, Patrice Talon l’a faite jeudi 11 avril, au cours de l’émission « Moment politique » sur la télévision nationale. Décryptage.

Tout le monde est désormais fixé sur les raisons pour lesquelles le Président de la République s’est opposé à la prise d’une ordonnance pour le dégel de la crise électorale.Lechef de l’Etat en a donné les raisons au cours de l’émission « Moment politique » sur la télévision nationale.
En effet, le Président de la République, Patrice Talon, a une idée claire et précise de ses prérogatives et des circonstances dans lesquelles il peut user de certains pouvoirs que la constitution lui confère.
Ces derniers jours, nombreux sont les acteurs politiques et autres qui ont invité le chef de l’Etat à prendre une ordonnance pour dégeler la crise électorale. « Ce que me demandent quelques leaders que je reçois ou je lis, c’est de prendre une ordonnance pour imposer ce que le Parlement n’a pas fait », rappelle le chef de l’Etat.
Eclairant la lanterne des uns et des autres, le chef de l’Etat explique avec force et conviction que dans les réformes politiques, l’ordonnance n’est pas la voie indiquée.

« C’est la classe politique à travers le parlement qui décide des lois électorales »

Faut-il le souligner, nous sommes dans un régime présidentiel. Le parlement est le législateur et donc légifère. Le chef de l’Etat, lui, est de l’Exécutif.C’est la classe politique à travers le parlement qui décide des lois électorales. Et dans les pays démocratiques, aucun chef d’Etat, ne peut prendre une ordonnance pour arracher aux députés leurs prérogatives. En ce qui concerne le vote des lois, l’Assemblée nationale est souveraine. Ce n’est pas parce que les députés ont échoué à trouver le consensus que le président de la République va s’imposer à toute la classe politique pour prendre une ordonnance, dit-il.« Si le Parlement décide de remettre en cause la Charte et le nouveau Code électoral, je vais me conformer, on va se conformer tous. Mais si le Parlement ne le fait pas et maintient la charte des partis politiques et le Code électoral après les discussions, pour soigner l’image de la démocratie, je vais, comme souverain absolu, prendre une ordonnance et légiférer dans un domaine qui n’est pas le mien ?! », se demande le Président de la république. Il ajoute qu’« On ne prend pas une ordonnance pour fixer un nouvel ordre politique. Le jour où on fait cela, c’est qu’on a mis à terre tous les fondements de la démocratie ».
La prise d’ordonnance ne relève donc pas des prérogatives du Président de la République.
Patrice Talon a évité donc de violer les dispositions de la loi fondamentale du Bénin et dit ne pas être dans la dynamique d’une ordonnance. Agir ainsi, c’est permettre plus tard à un autre président, peut-être son prédécesseur d’en profiter, mettant ainsi en péril les dispositions de la constitution et derechef la démocratie.

Maintenir la bonne image démocratique du Bénin

« Mon choix est clair : mêmes les réformes les plus difficiles, si elles sont pertinentes et nécessaires, nous avons l’obligation de les opérer (…) Une chose est de réussir une réforme, une autre est également de pouvoir maintenir la bonne image démocratique du Bénin donc je suis soucieux de cela », a souligné le Président de la République. Il n’a pas manqué de lancer un appel à la classe politique, donc ceux qui appellent à brûler le pays. « …appeler à brûler le pays parce qu’on ne va pas à une élection, ce n’est pas responsable. Ce n’est pas bien. Il faut souhaiter que, même si les élections doivent avoir lieu dans ces conditions, que cela nous permette d’aller de l’avant, que cela nous permette de mieux construire notre pays, et que ce qui ne va pas maintenant, qu’on puisse le corriger dans les jours à venir afin que l’on ne retrouve plus ce genre de choses.Mais il ne faut pas brûler le pays, et je ne le permettrai pas d’ailleurs ».
Le chef de l’Etat a une idée claire de ses prérogatives et des circonstances dans lesquelles il peut user de certains pouvoirs que la constitution lui confère. L’ordonnance n’est donc pas, selon lui, la voie indiquéedans les réformes politiques.
Le chef de l’Etat a donc situé les responsabilités. Il a assuré ce qui relevait de sa compétence et se pose en garant de l’ordre constitutionnel et de la tranquillité des citoyens...

Talon considère la prise d’ordonnance comme « un coup d’Etat »

Patrice Talon a rappelé les dispositions de l’article 68 de la constitution. Il considère la prise d’ordonnance comme un coup d’Etat. Une interférence dans le fonctionnement des institutions.
Pour le chef de l’Etat, il revient à deux institutions de prendre leur responsabilité au moment opportun. La Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale sont les deux institutions constitutionnelles pouvant décider de la remise en cause de certaines dispositions des lois électorales.
Une autre raison motive la position du chef de l’Etat, c’est la jurisprudence. « Je ne veux pas prendre en main une arme que je serai en mesure d’utiliser demain ou que quelqu’un qui viendra après moi va utiliser demain pour remettre en cause l’ordre constitutionnel », dit-t-il.

« Nous ne sommes pas dans l’impasse », dixit Patrice Talon

A ceux qui font croire que nous sommes dans l’impasse le chef de l’Etat, affirme que le Bénin n’est pas dans l’impasse. Il reconnait qu’il y a blocage à certain niveau et que la situation actuelle dans laquelle se trouve le pays est un peu déplorable. Mais de là à affirmer que le pays est dans l’impasse, est un excès, a estimé le chef de l’Etat.
Dans ses explications, les institutions de la république continuent à fonctionner normalement. De ce point de vue, on ne saurait parler de l’impasse. La situation de blocage actuelle, clarifie-t-il, serait due au fait que certains partis politiques ont éprouvé des difficultés à se conformer aux deux lois votées dans le cadre de la réforme du système partisan à savoir le code électorale et la charte des partis politiques.
Soupçonné d’avoir initié des réformes dans le but d’écarter des partis politiques traditionnels, le président de la république estime quela compétition politique nécessite la formation de grands blocs afin de parvenir à l’homogénéité pour empêcher les relations incestueuses avec les petits partis politiques qui cherchent à négocier avec les gouvernants dans les couloirs.
Revenant sur les réformes qui seraient le point d’achoppement des partis politiques de l’opposition, le président de la République a estimé que les réformes ont pour finalité de faire des partis politiques forts. Elles ont pour vocation de forcer la main aux uns et aux autres d’aller à la fusion. Mais les responsables des partis politiques de l’opposition ne veulent pas aller à la fusion, ils ne veulent pas perdre leur parti qui constitue leur fonds de commerce et leur poste de président de parti politique dont ils se servent pour faire de chantage au président de la République. Il a tenu à préciser que parmi les partis politiques qui n’ont pas pu franchir le cap du dépôt des dossiers de candidatures, il y a des partis politiques qui lui sont favorables.

Le chef de l’Etat invite les politiciens à ne pas incendier le pays

S’adressant à la classe politique, le chef de l’Etat lui demande de travailler à la préservation de la paix. Pour lui, rien ne doit mettre à mal la quiétude et la paix sociale.
En effet, le chef de l’Etat n’ignore pas que la situation est préoccupante ; mais il pense que le pays peut s’en sortir sans heurt. Il invite derechef les acteurs politiques à ne pas mettre feu au pays.
Etre absent à une élection n’est pas une fin en soi, indique Patrice Talon. Il invite les mécontents à se réorganiser autrement pour se mettre dans les rangs. Mais ce qu’il ne souhaite pas c’est que ces derniers « brûlent’ » le pays car ils sont aussi appelés à gérer ce même pays demain.



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