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Débats sur la réforme de la classe politique au Bénin

« L’opinion internationale a-t-elle été manipulée ? »

(« L’opprobre a été jetée à tort sur mon pays, le Bénin, précurseur en Afrique des conférences nationales et aux autres avancées démocratiques », dixit Karim da Silva l’un des grands acteurs de la conférence nationale)

Par La Rédaction, 27 mars 2019 à 05:09 
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Parlant des deux blocs de la mouvance ( Union Progressiste et le Bloc Républicain) dont les listes ont été retenues par la Cena pour les élections législatives fixées au 28 avril 2019 et surtout à ceux qui font croire que l’opposition est écartée de ces élections législatives, le Patriarche explique : « Qu’on se le dise bien, il ne s’agit point de regroupement factice, les deux partis nés avec la réforme sont des regroupements d’au moins cent quatre vingt quinze partis, face auxquels les cinq partis qui se disent d’opposition aujourd’hui ne font guère le poids. Il faut donc éviter de penser, ou laisser dire, voire laisser croire, que cinq partis de l’opposition, sur cent quatre vingt quinze que représentent les deux issus de la réforme, vaudront un électorat plus que supposé ». Lisez plutôt l’intégralité de son opinion.

La polémique voire l’intoxication qui s’invite dans les débats sur la réforme du système partisan au Bénin ont fait sortir le doyen Karim da Silva de son silence. Dans une opinion parvenue à notre rédaction, et à travers une analyse bien fournie de la situation qu’il présente, Karim da Silva, l’un des grands acteurs de la conférence nationale de février 1990 au Bénin se demande si « L’opinion internationale a-t-elle été manipulée ? ». Parlant des deux blocs de la mouvance ( Union Progressiste et le Bloc Républicain) dont les listes ont été retenues par la Cena pour les élections législatives fixées au 28 avril 2019 et surtout à ceux qui font croire que l’opposition est écartée de ces élections législatives, le Patriarche explique : « Qu’on se le dise bien, il ne s’agit point de regroupement factice, les deux partis nés avec la réforme sont des regroupements d’au moins cent quatre vingt quinze partis, face auxquels les cinq partis qui se disent d’opposition aujourd’hui ne font guère le poids. Il faut donc éviter de penser, ou laisser dire, voire laisser croire, que cinq partis de l’opposition, sur cent quatre vingt quinze que représentent les deux issus de la réforme, vaudront un électorat plus que supposé ». Lisez plutôt l’intégralité de son opinion.

La réforme des Partis politiques

Les deux blocs PROGRESSISTE et REPUBLICAIN pour qui veut bien comprendre, ne sont rien moins que la représentation de 195 anciens partis, désormais regroupés pour soutenir l’action gouvernementale. En leur sein, on dénombre de nombreux vrais opposants d’hier et certainement encore de demain qui ont compris toute la pertinence du vieil adage qui dit « l’on perd tout à vouloir tout gagner ».
Ils sont donc nombreux à avoir déserté leurs anciennes formations politiques pour adhérer à l’un ou l’autre des deux blocs. Et l’on peut aisément deviner qu’il pourrait bien s’agir de loups revêtus de peau d’agneau, susceptibles donc de s’opposer contre l’adoption de certains projets gouvernementaux quoiqu’étant membres des deux regroupements PROGRESSISTE ou REPUBLICAIN dont le président Patrice TALON n’est que l’initiateur, mais pas nécessairement le bénéficiaire.
Quand on parle aujourd’hui de deux groupes de 195 partis face à 05 autres partis regroupés soit disant au sein de l’opposition pour des raisons humainement compréhensibles, cela revient à distinguer cinq partis contre 195 partis.
La question de la réorganisation de la classe politique en République du BENIN est un faux débat, parce qu’il n’y a aucun malentendu.
La classe politique dans ce pays avant la réforme écumait dans un désordre de près de deux cents partis politiques allant dans tous les sens. On a appelé cela le multipartisme intégral.
Les démocrates du monde entier devraient applaudir un tel système des deux mains et bien fort, si et seulement s’il n’était pas arrivé, à ce sujet, toutes les extravagances qu’on lui a connues au BENIN.

Trop de caprices, trop d’incongruités, trop d’aventures et que de temps perdu en trente ans de cette pratique.
C’est donc dire que la réforme est arrivée à point nommé et qu’elle est la bienvenue. Elle n’échappe pas aux calculs politiques mais elle est bien là et remédie à ce que nous avons connu, c’est cela notre première réalité, une fois promulguée, la loi instituant cette réforme.

En effet, quelle était la situation politique avant la réforme ?
Deux cents partis politiques environ dont certains avaient même oublié jusqu’à leur propre existence, au point où, c’est à la veille des élections que plusieurs d’entre eux sortaient bien opportunément d’une hibernation où ils étaient plongés ; pendant que d’autres, d’un coma profond, se réveillaient soudainement pour égayer ou troubler bien d’autres jeux à la guise de ceux qui avaient su les remettre en scelle. Sans compter toutes les diverses prébendes que rapportaient cyniquement, mais sûrement, tous ces jeux dignes de pratiques mafieuses d’une autre époque.
L’effectivité de la réforme, que l’on a ignorée superbement, pendant plusieurs mois, tel un réveil glacial, a frappé tous ceux qui, endormi par leurs propres travers, avaient cru, à leur unique détriment, qu’une fois de plus, le passe-droit l’emporterait sur la loi. C’était sans compter avec la détermination et la rigueur du Président de la République, son Excellence M. Patrice TALON.
Alors ils crièrent Haro ! Mais à qui, ou à quoi, devraient-ils s’en prendre, sinon à eux-mêmes ?
Pour bien comprendre la situation actuelle, il importe de rappeler qu’avant la réforme, près de deux cents partis sévissaient dans le marchandage et le clientélisme, sans véritable jeu politique sain. Seul le peuple qui, interdit, assistait aux alliances qui se faisaient et se défaisaient, au gré des circonstances et des encaissements heureux des uns ou des autres, sur son dos, fut la victime inconsciente de ce que son destin se jouait, dans les couloirs et les bureaux de la République où respiraient à côté de ses souffrances et de ses espérances, sa grandeur et son histoire, sa gloire et son honneur.

Qu’avaient-ils donc à s’en faire ?

Rien ! Bien sûr ! Sinon qu’est ce qui peut bien empêcher de comprendre si ce n’est la mauvaise foi et la rage d’avoir désormais perdu une telle configuration où la part était belle aux avantages, bonis et profits de tout genre qu’on s’était inventés, grâce à la loi, sur le dos de la loi, mais contre la loi ?
Qu’est-ce donc qui empêche de comprendre que les deux cents partis politiques qui existaient, se sont regroupés, à l’occasion de la réforme, en deux partis politiques, incluant pêle-mêle, majorité présidentielle et opposition, et que les cinq qui se targuent aujourd’hui d’être de l’opposition, ne sont pas nés avec le regroupement, mais faisaient partie de ces deux cents partis politiques d’il y a encore quelques mois ?
Ces cinq partis qui se réclament de l’opposition ne font pas cinq contre deux mais bien cinq contre cent quatre vingt quinze partis politiques. Alors, que représentent-ils, en face de cent quatre vingt quinze partis pour dicter leur loi à la majorité, si tant est que nous sommes effectivement en démocratie ?
Que représentent-ils, moralement, face à d’autres de l’opposition, qui ont intégré l’un des deux nouveaux partis de la réforme, sacrifiant tout, pour constituer un bloc de partis avec tant d’autres ?

Et, que dire du PRD qui s’est regroupé avec les républicains, avant d’en sortir pour une sordide question de Logo dont les autres partis du Bloc Républicain, et à juste titre, n’ont pas voulu comme emblème, pour en finir avec des pratiques encore récentes d’une époque qu’on voudrait tant voir disparaître, et au cours de laquelle, on négociait en espèces sonnantes et trébuchantes, la bannière d’un Logo, pour aller aux élections ?

Qu’on se le dise bien, il ne s’agit point de regroupement factice, les deux partis nés avec la réforme sont des regroupements d’au moins cent quatre vingt quinze partis, face auxquels les cinq partis qui se disent d’opposition aujourd’hui ne font guère le poids.
Il faut donc éviter de penser, ou laisser dire, voire laisser croire, que cinq partis de l’opposition, sur cent quatre vingt quinze que représentent les deux issus de la réforme, vaudront un électorat plus que supposé.
Quelques individualités loquaces ou volubiles ne sont pas d’un nombre décisif, face aux d’adhérents d’un seul de ces deux partis, encore moins face à une population de votants.
Ce qu’il faut surtout retenir sans être dupes, c’est qu’il y a un peu de tout dans ces deux blocs, des caïmans, des alouettes, des vautours, des hirondelles des hyènes, des antilopes, des boas, des biches, des serpents, des oies, des crabes etc… ils ne tarderont pas à rejoindre leur véritable nature, car ils ne sont allés au regroupement que pour continuer d’exister en sauvant ce qui peut l’être parce qu’ils ont bien compris que le vent a changé de direction. Bientôt ils montreront leur face, leur vrai visage, ce qui signifie que d’autres regroupements interviendront et nous finiront par avoir deux partis contradictoires ou opposés. C’est ce qu’il faut comprendre, le Président Patrice TALON ne peut l’ignorer il est seulement en avance sur son temps et ses contemporains. Il faut le dire. L’opprobre a été jetée à tort sur mon pays le Bénin, précurseur en Afrique des conférences nationales et aux autres avancées démocratiques. Et à suivre les débats loin de nous, on se demande si l’opinion internationale a-t-elle été manipulée.

Karim Urbain DA SILVA
(Doyen des Sages de la ville de Porto-Novo et l’un des grands acteurs de la conférence nationale de février 1990)



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