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Invite de l’ancien ministre Gustave Sonon à l’opposition

« Il faut aller à la table de négociation »

(Il demande au Chef de l’Etat de mettre en place un comité de préparationpour définir la composition des acteurs concernés… »

Par Jean-Louis KOGBEDJI, 7 juin 2019 à 03:51 
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N’ayant pas participé aux élections législatives du 28 avril dernier, les acteurs de l’opposition ne reconnaissent pas les députés élus à l’issue du scrutin. Invité sur canal 3 télévision,Gustave Sononfait une analyse pertinente sur la légitimité de la 8è législature. Il invite l’opposition à aller à la table de négociation suite à la main tendue du chef de l’Etat, Patrice Talon à qui il demande de mettre en place un comité de préparationpour définir la composition des acteurs concernés par le dialogue souhaité.

Gustave Sonon, ancien ministre du régime Yayiinvité il y a quelques jours sur l’émission Zone Franche de Canal 3 Bénin ne cache pas son avis sur la légitimité du nouveau parlement. « Seule la cour constitutionnelle est chargée de valider une élection. Elle l’a donc fait (…).De plus, le scrutin du 28 avril s’est bien déroulé, hormis quelques incidents déplorés à certains endroits du pays. L’actuelle législature n’est donc pas illégitime du point de vue du ministre Sonon. Il demande, par ailleurs, à la 8è législature « de rassurer le peuple vu les conditions dans lesquelles elle a été élue ». Il invite ainsi les députés à voter des lois « qui renforcent la démocratie et qui soutiennent le développement socio-économique » et faire un « contrôle méthodique de l’action gouvernementale pour l’amener à mieux servir et à être toujours au service du peuple ».
En ce qui concerne lemessage à la nation du Chef de l’Etat qui a souhaité retrouver les opposants autour d’une table en vue d’un dialogue franc et inclusif, Gustave Sonon demande au Chef de l’Etat de pouvoir « garder cette main aussi longtemps tendue pour que l’opposition puisse venir s’asseoir autour de la table de négociation ». Pour qu’il y ait du concret, l’ancien ministre de Yayi demande au Chef de l’Etat « de mettre en place un comité de préparation pour qu’on puisse définir la composition des acteurs concernés, ensuite le calendrier, le lieu, parce que ce n’est pas évident que la rencontre se tienne forcément au Palais ». A l’endroit de l’opposition, Gustave Sonon lui demande de ne pas être aussi exigeante « pour imposer nécessairement des préalables ». L’opposition va-t-elle l’écouter ? Pour qu’enfin baisse la tension socio-politique au Bénin ? Wait and see.

Extraits du passage du ministre Sonon sur Canal 3 bénin
« …la seule solution qui s’offre à nous, c’est qu’on s’accepte, qu’on s’asseye, qu’on discute »

Quelle analyse faites-vous de l’actualité socio-politique de notre pays ?
Il faut avouer que nous traversons une situation assez particulière qui exige que nous prenions la mesure des choses pour pouvoir trouver un terrain d’entente. Sinon, on est en train de s’enliser un peu. Et la grande crainte est que personne n’est épargnée. Parce qu’il suffisait qu’on ne soit pas au mauvais endroit au mauvais moment. Pour ce faire, la seule solution qui s’offre à nous, c’est qu’on s’accepte, qu’on s’asseye, qu’on discute. On peut s’insulter et tout dire. Mais on ne pourra trouver une solution que dans un dialogue sincère entre les filles et fils de ce pays.
Dans son discours à la nation la dernière fois, le Chef de l’Etat a souhaité retrouver les opposants autour d’une table en vue d’un dialogue franc et inclusif.

Quelle appréciation faites-vous de cet extrait du discours du Chef de l’Etat ?

C’est une bonne chose. Généralement, en situation de crise, c’est celui qui est en position de force qui tend d’abord la main. C’est vrai que la main tendue par le Chef de l’Etat n’est pas entièrement acceptée par la partie adverse. Cela se justifie. Parce que, pour diverses raisons, l’opposition n’a pas pu participer aux élections législatives passées. A ce titre, c’est justifié qu’il y ait de mécontentements. Je suppose que le refus actuel de la saisie de cette main tendue se traduit par ce mécontentement. J’ose croire que le temps pourra laisser passer ce mécontentement et les acteurs vont retrouver le chemin du dialogue. Et mon souhait, c’est que le Chef de l’Etat puisse garder cette main aussi longtemps tendue pour que l’opposition puisse venir s’asseoir autour de la table de négociation. Pour l’instant, je vais demander au Chef de l’Etat de mettre en place un comité de préparation pour qu’on puisse définir la composition des acteurs concernés, ensuite le calendrier, le lieu, parce que ce n’est pas évident que la rencontre se tienne forcément au Palais. Ce que je voudrais aussi de l’opposition, c’est qu’elle ne soit pas aussi exigeante pour imposer nécessairement des préalables. Parce que, pour moi, ces préalables ne seront que des points à débattre. Il faut aller à la table de négociation avant de pouvoir discuter de ces préalables. Parce qu’aujourd’hui, l’un des préalables tourne autour de la légitimité de la 8è législature. Etant donné que la question de légitimité n’est pas légiférée et que c’est une question d’appréciation subjective qui varie d’un individu à un autre, on saurait alors prendre cela comme une loi. Nous avons la chance que cette 8è législature comble le vide juridique. Et c’est une législature légale. Et elle a été régulièrement validée par les institutions habiletés. Elle a été installée conformément aux dispositions de notre Constitution. En ce qui concerne la légitimité, étant donné qu’il n’y a pas une législation en la matière, je trouve que ce débat n’a pas sa raison d’être, d’autant plus que ça comble au moins le vide juridique.

Admettons qu’on souhaite annuler les élections. Sur quelle disposition de la Constitution doit-on se baser pour y arriver ? Que faut-il faire en cas d’annulation ?

Il faut alors aller à une négociation pour en discuter. Est-ce que les compatriotes qui, pour diverses raisons, sont hors du territoire doivent revenir ? C’est pour cela que je souhaite que l’opposition ne pose pas de préalables. Parce que tous ces préalables constituent des points à débattre. Il faut que le Chef de l’Etat puisse véritablement engager les négociations nécessaires pour faire aboutir ce dialogue politique.

Il faut faire remarquer que les activités politiques n’ont pas empêché celles éducatives et sociales de se dérouler. Nous en avons pour preuve le bon déroulement du Bepc. Qu’en pensez-vous ?{{}}

On est heureux que tout se déroule bien. Parce que, quoiqu’on dise, les parents d’élèves, élèves et étudiants sont aussi préoccupés par la crise socio-politique. Actuellement, la correction est en cours. Nous souhaitons vivement bonne chance à nos enfants. Dans les semaines à venir, ce sera le tour des candidats au Cep et au Baccalauréat. On a espoir que ces examens se déroulent normalement, malgré la crise socio politique. Mais le souhait est que tout se passe dans une bonne quiétude. C’est pourquoi nous souhaitons qu’on mette fin à la crise politique pour permettre aux uns et aux autres de travailler pour le développement de ce pays. Car le bonheur fuit là où il y a crise. Dans un foyer où les parents sont sous tension, le bonheur disparait. Pour aspirer au bonheur, il faut s’unir et cultiver la paix. Nous sommes actuellement dans une crise socio-politique, et le dénouement de cette crise passe par le dialogue. Même si le pire arrivait, (ce qu’on ne souhaite pas), nous devons nous asseoir pour trouver une solution. Mon souhait, c’est que le Chef de l’Etat ne soit pas lassé de garder sa main tendue. Parallèlement aussi, je demande à l’opposition d’oublier les préalables et de les poser comme des points à discuter en négociation pour une sortie de crise. C’est mon souhait.

Réalisation : Adrien TCHOMAKOU



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