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Secteur de l’énergie au Bénin

De nouveaux défis attendent le ministre Houssou

(De retour des congés gouvernementaux, le ministre devra s’attaquer aux projets en attente)

Par A.C.C., 21 août 2019 à 03:49 
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Au Bénin, le secteur de l’énergie se porte de mieux en mieux avec une visibilité claire comme on n’en a jamais connu dans notre pays. Le délestage est désormais un lointain souvenir pour les Béninois. Des avancées sont visibles dans le domaine de l’énergie. Toutefois, plusieurs défis restent à relever pour les 20 prochains mois au moins.De retour des congés gouvernementaux, le ministre Dona Jean Claude Houssoudevra s’attaquer aux projets en attente.

Depuis l’avènement du président Patrice TALON à la tête du Bénin, la situation s’est véritablement améliorée au niveau du secteur de l’énergie. Le délestage est conjugué au passé. Dans la fourniture de l’énergie électrique, il y a une nette amélioration en moins de trois ans de mise en œuvre du PAG. L’énergie électrique est un véritable moteur et facteur de croissance. Pour en arriver là, beaucoup de sacrifices ont été consentis. Certes, mais des défis restent encore et attendent le ministre de l’énergie pour les 20 prochains mois.

Des efforts qui ont payé

Avant avril 2016, le Bénin était dans un état déplorable dans le domaine de l’énergie électrique. Entre autres difficultés, un délestage sauvage qui causait de sérieux désagréments aux populations surtout dans les secteurs économique et social. Le Président Patrice Talon a alors décidé de prendre le taureau par les cornes. Dans son Programme d’Actions du Gouvernement (PAG 2016-2021), il a inscrit près de huit cent milliards F.CFA pour le secteur de l’énergie qui reste une de ses grandes priorités. Dona Jean-Claude HOUSSOU, un spécialiste du domaine exerçant précédemment en France au sein du numéro un français de l’électricité, s’est vu confier cet ambitieux projet, un portefeuille à très haut risque si l’on mesure l’enjeu d’une part et les déboires et souffrances rencontrées pendant plusieurs décennies par le peuple béninois dans ce secteur, sans compter l’engagement pris par le candidat TALON lors des campagnes pour les élections présidentielles 2016 : celui de fournir aux Béninois de l’énergie électrique propre, en quantité, en qualité, disponible en temps réel. Le tout à un coût abordable. Promptement et courageusement, avec beaucoup d’engagement et de responsabilité, le ministre Dona Jean-Claude HOUSSOU s’est mis au travail. Avec une équipe dynamique, des réformes structurantes sont mises en œuvre.

D’abord, pour permettre aux Béninois de passer les fêtes de fin d’année 2016 avec de la lumière, des groupes électrogènes ont été loués. Jusqu’en 2018, ces locations couvraient une capacité totale de 180 MW.

Ensuite, le parc de production de la SBEE composé de quinze groupes électrogènes Wartsila est réhabilité pour 30 MW. Aussi, a-t-il été procédé à la signature avec PARAS ENERGY du Nigéria, un producteur indépendant, d’un contrat de fourniture d’électricité à la SBEE pour une puissance en disponibilité continue de 60 MW, après une dérogation historique au code bénino-togolais.
En même temps, compte tenu du coût de location des groupes électrogènes très élevé, et du fait que ce soit une mesure court terme à effet immédiat, l’option de produire de l’énergie propre au Bénin est en parallèle consolidée. Comme résultat probant, c’est la construction effective de la centrale thermique de 120 mégawatt à Maria-Gléta. De dernière technologie, cette centrale bi fuel peut utiliser du gaz naturel ou du fuel lourd, même si le gouvernement privilégie le gaz pour deux raisons essentielles : le moindre coût de production de l’électricité et de faibles émissions dans l’environnement comparé au fuel lourd. Les financements conjoints de la BID, BOAD, BIDC et du Budget national ont permis de réaliser cette infrastructure moderne et majeure pour notre pays pour un montant de 110 milliards de F.CFA. A son lancement, il y a moins de deux ans, très peu de Béninois y croyaient. Les nombreux éléphants blancs qui pullulent dans le pays, et surtout le gros flop de la première centrale construite sous le précédent régime avec des dizaines de milliards englouties, ne sont pas de nature à rassurer quiconque. Aujourd’hui, La centrale de Maria Gléta 2 n’est pas un mythe. Elle est bel et bien une réalité et tout le monde s’en réjouit.

Des réalisations lumineuses

Dans le domaine de l’électrification rurale, beaucoup de progrès sont enregistrés. Notamment l’achèvement des travaux d’électrification de 67 localités rurales du Bénin sur financement de la BIDC, celui en cours des travaux de construction de réseaux électriques dans 17 localités rurales sur financement du Budget National, la réalisation de divers ouvrages d’électrification rurale sur financement du Fonds d’Electrification Rurale, l’approbation par le Gouvernement indien du projet d’électrification par système solaire photovoltaïque de 550 infrastructures socio-communautaires dans les zones rurales du Bénin, et l’initiation de projets d’électrification d’un ensemble de 241 localités rurales à financer par la BIDC, la BAD et le Fonds Saoudien et dont l’instruction des dossiers est en cours ». Sans oublier que la mise en service de 80 microcentrales solaires photovoltaïques construites dans diverses localités par l’ex-Agence Nationale pour le Développement des Energies Renouvelables (ANADER) ne saurait tarder.
Aussi, des infrastructures photovoltaïques résilientes pour la fourniture des services énergétiques sont-elles réalisées dans des localités rurales. Idem pour d’importantes actions de reboisement couvrant une superficie totale de 1.150 hectares de plantations, avec des espèces à croissance rapide, pour permettre de promouvoir la résilience climatique et la soutenabilité écologique du bois-énergie. Ce qui constitue le niveau important de responsabilité assuré et assumé par le gouvernement à travers ces initiatives ayant pour objectif l’effet d’atténuation des impacts sur l’environnement.
Dans le cadre du développement des moyens de transport et de distribution de l’énergie électrique, il est important de souligner « l’achèvement des travaux de construction de la ligne d’interconnexion 161 KV longue de 260 km entre Onigbolo-Parakou avec tous les postes associés, et qui évite désormais de « maltraiter électriquement le nord du Bénin », car l’électricité venant du Nigéria devait d’abord passer par le Togo avant d’aller au Nord de notre pays. La poursuite de la construction de la ligne d’interconnexion 161 KV Bembêrêkê-Kandi-Mallanville, la poursuite de la construction de la ligne de renforcement dorsale sud Ghana-Togo-Bénin en 330 kV. Sans parler de la réalisation d’études pour le renforcement de la ligne d’interconnexion 330 kV Sakété-Ikédja, la réalisation d’études pour la construction de la ligne d’interconnexion 161 KV Natitingou-Porga-Dapaong, la poursuite des actions préparatoires au démarrage de l’exécution du projet d’interconnexion 330 KV dorsale Nord Nigéria-Bénin-Niger-Burkina et la mise en œuvre par la SBEE avec l’appui de divers Partenaires Techniques et Financiers (AFD, UE, BM, BAD, MCA-Bénin II, etc.) ». Sans oublier les nombreux projets de modernisation, de restructuration, de renforcement, de densification et d’extension des réseaux électriques dans différentes communes du Bénin.
La tâche est gigantesque mais faisable avec une volonté et une détermination inébranlables du Chef de l’Etat avec des réformes courageuses, difficiles et parfois douloureuses.
Entre autres mesures révolutionnaires, la restructuration de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE). Le contrat-plan, l’option de la Gestion déléguée, la mise en place d’un nouveau Conseil d’administration et surtout la remise de dette de 18 milliards F.CFA par l’Etat béninois sont également actés. Avec le soutien du 2e compact du Millenium Challenge Account (MCA Bénin II), l’opérateur national, naguère moribond, relève la tète progressivement et joue de plus en plus sa partition.

Attaquer les projets en attente

De nos jours, les signaux sont de plus en plus verdâtres. Mais le Gouvernement de la Rupture ne doit pas dormir sur ses lauriers. Plusieurs autres défis sont à relever. Notamment dans le sous secteur des énergies renouvelables, qui constitue à lui tout seul, un des quarante cinq projets phares du PAG et un des quatre du secteur de l’énergie.

A chaque fois qu’il en a l’occasion, le ministre de l’Energie Dona Jean-Claude HOUSSOU a toujours parlé de la volonté du gouvernement d’avoir un mix énergétique responsable. Et dans ce domaine, ce ne sont pas les projets qui manquent.

Avec la coopération française à travers l’Agence Française de Développement (AFD) et l’appui du l’Union européenne (UE), la mise en place du projet Defissol est imminente. Sur le site d’Iloulofin dans la commune de Pobè, une centrale solaire photovoltaïque de 25 MW doit voir le jour sous peu. Idem avec le gouvernement américain qui, à travers MCA Bénin II, va soutenir la construction de quatre centrales solaires photovoltaïques à Bohicon, Parakou, Djougou et Natitingou pour une capacité totale de 50 MW. Des producteurs indépendants devraient y jouer intégralement leur partition, ce qui constitue une première dans notre pays donc historique.

Mieux, pour garantir l’approvisionnement en gaz naturel des centrales thermiques construites sur le site de Maria Gléta qui dispose d’un terminal gazier du projet GAZODUC Ouest Africain, une unité flottante de stockage et de regazéification (USFR) sera construite. A cet effet un appel d’offres a été lancé et l’évaluation des offres reçues a permis de retenir le groupe français TOTAL, numéro deux mondial du domaine. Un accord cadre a été signé il y a un mois entre le groupe TOTAL et l’état béninois. Ainsi TOTAL s’engage à investir cinquante et un milliards de FCFA dans ce projet qui vient à point nommé dans la stratégie globale du secteur.
Nous ne passons pas sous silence la promesse de construction sur le même site de Maria-Gléta de deux autres centrales thermiques de 120 MW et 20 MW par des producteurs privés.

Idem pour les projets à moyen et long termes du secteur de l’énergie. C’est le cas des projets d’aménagement hydroélectrique à vocation multifonctionnelle de Dogo bis d’une puissance de 128 MW sur le fleuve Ouémé, et dans une moindre mesure Vossa et Béterou respectivement de soixante et vingt-cinq MW. Le dossier d’appel d’offres en mode BOOT étant en cours d’élaboration.
Ce qui est évident, le Bénin envisage disposer à l’horizon 2021 de 400 MW environ en énergie propre. Notamment 300 MW à partir des centrales thermiques et une centaine en solaire photovoltaïque.

C’est dire que les derniers mois du quinquennat en cours ne seront pas de tout repos pour le ministre de l’énergie et ses collaborateurs. Actuellement, les ministres sont en congé gouvernemental. Ils reprennent du service dans quelques jours. Et le souhait est que les bouchées doubles soient mises pour que les projets qui attendent ou qui connaissent déjà un début d’exécution soient boostés et réalisés à termes échus. Ce n’est là que les mérites des uns et des autres seront reconnus à leur juste valeur. Ne dit-on pas souvent que tant qu’il reste à faire, rien n’est fait ? Le ministre Dona Jean-Claude HOUSSOU le sait et ne cesse de le marteler souvent. Le souhait de tous est que tout se passe bien et que le Bénin qui envisage vendre dans un futur très proche de l’énergie sur le marché sous régional qui sera basé à Abomey Calavi, accomplisse cette grosse ambition pour le bonheur et la fierté du peuple béninois.



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