Covid-19 : Les mesures aux frontières se prolongent en Europe pour endiguer la variante

International Santé & Culture

La découverte au Royaume-Uni d’une variante du coronavirus plus infectieux provoque l’inquiétude des autres pays européens, nombreux à avoir depuis fermé leurs frontières aux personnes arrivant de ce pays comme l’Espagne et l’Allemagne. Tard mardi soir, le port de Douvres a annoncé sa réouverture au trafic sortant.

Dans l’urgence, l’Allemagne avait déjà décidé d’interdire à partir de lundi 21 décembre à minuit et jusqu’au 31 décembre les avions en provenance du Royaume-Uni. Les passagers des derniers vols de dimanche soir avaient dû souvent passer la nuit dans les aéroports en attendant le résultat de leurs tests. Huit à dix personnes selon les sources étaient positives, mais on ignorait si elles étaient porteuses de la nouvelle variante du coronavirus.

Mesures étendues en Allemagne

Le gouvernement allemand a étendu ces mesures, explique notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Elles concernent désormais l’ensemble des personnes en provenance du Royaume-Uni et de l’Afrique du Sud, quel que soit le moyen de transport utilisé. Ces restrictions valent désormais jusqu’au 6 janvier.

Les personnes qui ont leur domicile principal en Allemagne pourront y revenir à compter du 1er janvier. Mais les autorités devront être informées de ces vols trois jours avant et donner leur feu vert. Des exceptions sont prévues : le fret, le rapatriement d’avions, de bateaux ou d’équipages, les transports à des fins médicales ou humanitaires. Toute personne arrivant en Allemagne et ayant séjourné durant les dix derniers jours en Grande-Bretagne ou en Afrique du Sud devra disposer d’un test Covid-19 négatif récent.

L’Andalousie s’inquiète des contaminations via Gibraltar

Mais il n’y a pas que les îles britanniques qui sont touchées. L’Andalousie a exigé plus de contrôles à la frontière avec Gibraltar alors que le Rocher connaît une montée des cas, raconte notre correspondante à Gibraltar, Diane Cambon. Pourtant depuis lundi, le gouvernement de Gibraltar a durci les mesures pour limiter les cas de contagions.

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L’Espagne qui partage la frontière avec Gibraltar, où transitent au moins 20 000 personnes par jour, ne cache pas son inquiétude à l’instar de Juan Lozano, président des municipalités de la baie de Gibraltar : « Le virus ne connaît pas des frontières et l’on espère qu’il va être contrôlé à Gibraltar, car on a déjà pas mal de problèmes avec le Covid-19, il ne faudrait pas que la nouvelle souche entre en Espagne ».

L’Andalousie a exigé de Gibraltar d’effectuer des tests PCR à tous les voyageurs qui débarquent sur le Rocher par avion. Ce sont près de 500 personnes qui atterrissent chaque jour sur le petit tarmac de Gibraltar et nombre d’entre eux regagnent l’Espagne sans aucun contrôle sanitaire.

L’Espagne et l’Allemagne ne sont pas les seuls puisqu’une cinquantaine de pays ont suspendu les arrivées de voyageurs en provenance du Royaume-Uni après la découverte d’une nouvelle variante du coronavirus sur le territoire britannique.

Les chauffeurs routiers européens rongent leurs freins

Alors que 1500 camions et leurs chauffeurs étaient toujours bloqués  notamment le long de l’autoroute M20 qui mène au port de Douvres, le port anglais a annoncé sa réouverture mardi soir un peu avant minuit pour le trafic sortant vers la France à la suite d’un accord trouvé entre Paris et Londres pour permettre aux chauffeurs de poids lourds de quitter le Royaume-Uni moyennant un test Covid négatif.

Les routiers avaient déjà passé deux nuits dans leur véhicule. Pourtant habitués à passer du temps seuls dans leurs cabine, ils avaient de quoi désespérer, Noël approchant. Français, Espagnols, Portugais… le long de l’autoroute M20 reliant Londres à Douvres, où sur le parking de l’aéroport désaffecté de Manston, ils attendaient abandonnés à eux-mêmes, sans infrastructures sanitaires suffisantes en particulier.

Ce n’est pas la barre de céréales offertes par le conseil local du Kent qui leur remontera le moral, a déploré sur la BBC le responsable de l’Association des routiers.

Des tests au coût prohibitif

Le gouvernement de Boris Johnson envisageait d’organiser une campagne de tests massive pour leur permettre de repasser la Manche. Mais à 200 livres minimum le test et avec 48h d’attente pour les résultats, le problème s’avère insoluble.

Pour beaucoup d’Européens vivant en Grande-Bretagne, la journée de mardi fut une véritable course contre la montre. Après deux jours d’attente dans un pays coupé du monde, ceux qui espéraient encore rentrer chez eux pour les fêtes ont dû obtenir un test PCR à la dernière minute. Pour cette française qui vient de se faire tester, contactée par notre correspondant à Londres, Maxence Peigné, c’est le soulagement mais aussi l’étonnement d’avoir dû payer si cher : « En France, le test est gratuit ; ici on se retrouve à le payer 150 livres pour le faire tout seul, parce que c’est à nous-même d’utiliser le coton-tige dans des conditions pas idéales : moi je l’ai fait à l’arrière d’une pharmacie. »

D’après Simon Calder expert en voyage international, certains laboratoires profitent de la situation. « C’est un achat de détresse donc les prix peuvent être choquants, Pour un test avec résultat immédiat, cela peut monter jusqu’à 550 euros. Mais je ne pense pas que ces règles dureront plus de quelques semaines, le pays a n’a déjà pas assez de tests pour détecter les infections, il en a encore moins pour permettre les déplacements. »

Selon lui, il existe un risque encore plus grand que le Covid-19 pour les voyageurs britanniques en 2021, c’est l’absence d’un accord avec l’UE dans les prochains jours. Des deux côté du tunnel, les craintes de pénuries pour les fêtes et au-delà grandissent.

 

RFI

 

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