Deux trains sont entrés en collision mercredi 28 octobre à environ 150 km au sud de Madrid, en Espagne. L’accident a fait au moins 68 morts et une centaine de blessés, selon le journal espagnol El Pais. Le bilan pourrait encore s’alourdir. « Toute l’Espagne est en deuil », a déclaré le Premier ministre Pedro Sanchez.
Le bilan de la catastrophe survenue ce mercredi dans la région de Castille-La-Manche a désormais atteint 68 morts et une centaine de blessés, rapportent les autorités espagnoles. Le Premier ministre, Pedro Sanchez, a décrété trois jours de deuil national, de jeudi à samedi, alors que le gouvernement, les autorités locales et les services de secours redoutent de voir le bilan s’alourdir encore au fil des heures.
D’après un porte-parole des services d’urgence espagnols sollicité par l’AFP, la collision a eu lieu « à 8h54 » entre « deux trains, l’un de (l’opérateur privé) Yrio et l’autre de (la compagnie nationale) Renfe ». Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a mis en cause la reprise « inexplicable » de la circulation ferroviaire après une panne technique du système de sécurité du réseau (LZB), ayant entraîné le choc entre les deux trains à grande vitesse. « C’est le centre de contrôle, par l’intermédiaire de ses opérateurs, qui prend la décision de reprendre la marche, dans des circonstances, de notre point de vue, inexplicables », a ainsi expliqué le ministère lors d’une conférence de presse, se disant « absolument dévasté » par la tragédie.
Plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités de soins intensifs mobiles (UVI) sont déjà sur place, d’après les autorités. La Renfe a pour sa part dit dans un communiqué avoir ouvert une cellule de crise de soutien aux familles des victimes et « recueille des informations afin d’évaluer l’ampleur de l’accident ».
« Toute l’Espagne est en deuil », a déclaré Pedro Sanchez, après cette catastrophe ferroviaire qui compte parmi les plus tragiques de l’histoire récente du royaume. « Il n’est pas acceptable, pour un pays comme l’Espagne, de subir deux accidents ferroviaires à grande vitesse la même année, comme nous l’avons vécu ici », en référence au drame d’Adamuz qui avait coûté la vie à plus de 40 personnes en janvier en Andalousie.
« Tragédie »
En l’état, la circulation « est interrompue » sur la ligne à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie, la région méridionale d’Espagne, a indiqué sur X l’entreprise publique chargée de gérer l’infrastructure ferroviaire, ADIF. La télévision espagnole montrait en direct mercredi des images des trains accidentés, dont visiblement deux wagons ont déraillé avant de finir en contrebas du talus. À quelques dizaines de mètres, des voyageurs, encore sous le choc, tiraient leurs valises le long de la route.
Alors que de nombreux volontaires se mobilisent sur place pour venir en aide aux rescapés, les blessés les plus graves ont été transférés vers les différents hôpitaux de la région et même des provinces limitrophes, comme Madrid, rapporte notre envoyé spécial sur place, Juan Cascon.
La ministre de la Santé, Monica Garcia a expliqué à la télévision publique RTVE redouter « une tragédie importante », estimant que la priorité était de « sortir les gens le plus vite possible », notamment des wagons qui ont déraillé. « Nous n’avons pas d’information » sur la cause de l’accident, a-t-elle par ailleurs ajouté.
Cet incident intervient en pleine campagne électorale avant les législatives du 29 novembre et moins d’un an après l’accident similaire survenu à Adamuz en Andalousie ayant fait 46 morts et plus d’une centaine de blessés dans la violente collision de deux trains à haute vitesse. Survenue le 18 janvier dernier, cette tragédie a bouleversé toute l‘Espagne et a suscité de vives critiques de l’opposition de droite et d’extrême droite contre le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez.
Le Premier ministre s’est dit « consterné par ce grave accident ». « Les services de secours interviennent sur le terrain pour prendre en charge les personnes touchées », a-t-il indiqué sur X, affichant son « soutien » aux victimes et à leurs familles.
Sanchez annule ses engagements
Suite au drame, le chef du gouvernement espagnol a annulé sa participation à un sommet sur l’obésité prévu mercredi matin à Madrid, selon ses services, tandis que le Parti socialiste (PSOE), qu’il dirige, a annoncé la suspension de toutes les activités de campagne pour la journée.
Emiliano García-Page, président de la Castille-La Manche, a de son côté annoncé suspendre son agenda et se rendre sur les lieux de l’accident, disant suivre la situation « avec préoccupation ». Le chef du Parti populaire (PP, droite), Alberto Núñez Feijóo, s’est, lui aussi, dit « très préoccupé » sur son compte X, face à ce nouvel accident de trains.
Les 24 matches de Coupe du Roi prévus dans la soirée ont été reportés, selon la Fédération espagnole de football.
À Bruxelles, l’Union européenne a assuré être prête à apporter « toute son aide » aux autorités espagnoles. « L’Europe est aujourd’hui en deuil à vos côtés », a ajouté sur X la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Le président français Emmanuel Macron a, pour sa part, exprimé « la solidarité de la France » après ce « terrible drame ».
Avec 4 000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et l’une des fiertés du pays. Le drame d’Adamuz en janvier dernier avait ravivé les débats en Espagne sur l’entretien du réseau ferroviaire et sur la sécurité pour les passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année.