Sécurité routière au Bénin : Le nouveau Code de la route érige 14 comportements en délits

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Le Bénin franchit un cap décisif dans la lutte contre l’insécurité routière. Réunie en plénière le lundi 26 octobre 2026, l’Assemblée nationale a voté la loi n° 2026-18 portant nouveau Code de la route. Saluée par le Centre national de sécurité routière (CNSR), cette réforme de 122 articles vise à moderniser la législation et à enrayer l’hécatombe sur les axes routiers du pays.

Les chiffres sont évocateurs. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les accidents de la route coûtent la vie à environ 3.200 personnes chaque année au Bénin, soit une moyenne alarmante de près de neuf décès par jour. Face à cette situation, le nouveau texte modernise les règles de circulation et de signalisation pour mieux protéger l’ensemble des usagers.

Tolérance zéro : 14 comportements désormais qualifiés de délits

La grande nouveauté de cette loi réside dans le durcissement de la répression. Désormais, quatorze comportements graves sont officiellement classés comme des délits routiers. Parmi eux, on retrouve :

  • La conduite en état d’ivresse (taux d’alcoolémie égal ou supérieur à 0,8 g/l) ;

  • La conduite sous l’emprise de stupéfiants ;

  • Les excès de vitesse d’au moins 50 km/h ;

  • La conduite sans permis ou sans assurance ;

  • Le délit de fuite.

Le dispositif de contrôle est également renforcé : le dépistage pourra être systématique après un accident, et le permis de conduire pourra faire l’objet d’un retrait immédiat dans les cas les plus graves.

Équipements obligatoires et protection des plus vulnérables

La loi clarifie et impose de nouvelles obligations en matière de sécurité :

  • Pour les deux-roues : Le port du casque est rendu obligatoire tant pour le conducteur que pour le passager.

  • Pour les véhicules : Le port de la ceinture de sécurité est exigé pour tous les occupants, avec l’obligation d’installer des dispositifs de retenue adaptés pour les enfants. L’usage du téléphone au volant est strictement interdit et l’immatriculation est élargie à l’ensemble des véhicules à moteur.

  • Solidarité et piétons : Les piétons bénéficient d’une protection renforcée, de même que les citoyens qui portent secours à des victimes sur la route.

Miser sur l’éducation pour pérenniser le changement

Au-delà de l’aspect répressif, le texte mise sur la prévention à long terme en introduisant l’éducation routière dans les programmes scolaires et universitaires.

Cette loi, fruit d’une étroite collaboration entre le Gouvernement (à travers le ministère chargé du Cadre de vie et des Transports) et les parlementaires — notamment suite au séminaire d’imprégnation d’Agoué le 20 octobre dernier —, attend désormais sa promulgation et la publication de ses décrets d’application. Pour l’instant, la nouvelle loi a été également transmise au Sénat.

De son côté, le CNSR s’engage à accompagner les usagers dans l’appropriation de ces nouvelles règles pour faire des routes béninoises des espaces plus sûrs. La vulgarisation de la nouvelle loi commence bientôt.

A.C.C.

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