Au Sénégal, à la veille de la plénière sur la loi de finances rectificative, le gouvernement sénégalais et le parti d’opposition Pastef, qui détient la majorité des sièges, campent sur leurs positions. Rejeté ce vendredi 23 octobre en commission, le texte risque de l’être à nouveau mardi, faute de compromis. Le Premier ministre a tendu la main dimanche, tout en évoquant « tous les outils institutionnels » si le blocage perdure. Le Pastef, lui, précise avoir émis des réserves sur l’articulation du projet de loi et que les députés sont dans la logique de dialogue.
En conférence de presse ce dimanche, le Premier ministre a défendu son projet dans un contexte économique difficile. Il a aussi appelé son prédécesseur Ousmane Sonko au dialogue et à la responsabilité. Il a demandé au Pastef de déposer des amendements écrits, plutôt que de bloquer le texte. « Ne punissez pas le peuple », a-t-il lancé.
Al Aminou Lô défend un projet qui, dit-il, vise toujours à soulager le pays dans un contexte très difficile, puisque le choc pétrolier oblige à trouver 500 milliards de francs CFA (environ 762 millions d’euros). Il renvoie au Pastef l’accusation de ne pas penser aux Sénégalais : ne pas voter cette loi, c’est notamment bloquer le paiement des arriérés.
Le Premier ministre propose de recevoir Ousmane Sonko lundi
Il rappelle aussi que les bourses sociales seront doublées de 35 à 70 milliards de francs CFA (de 53 à 107 millions d’euros). Le Premier ministre accuse ensuite le Pastef d’obstruction, lui demande de déposer des amendements et d’arrêter de « manipuler les Sénégalais » sur le contenu du texte. Il tend la main à Ousmane Sonko, son prédécesseur qu’il accuse d’avoir jusqu’ici refusé le dialogue : « On peut se retrouver demain dans mon bureau », dit-il, pour que mardi en plénière, le vote de la loi soit « comme une lettre à la poste ».
En l’état actuel des choses, si le Pastef maintient son rejet, avec 130 sièges sur 165, le texte tombera mécaniquement. Mais si le blocage perdure, le gouvernement promet de recourir à « tous les outils institutionnels ». Le premier d’entre eux est d’engager la responsabilité du gouvernement avec l’article 86 alinéa 6, de la Constitution, pour faire adopter la loi sans vote. Le Premier ministre l’écarte pour l’instant, puisqu’il veut d’abord le dialogue, d’autant que Dakar accueille les Jeux olympiques de la jeunesse le week-end prochain. Le risque : une motion de censure, que le Pastef aurait 24 heures pour déposer et les voix pour voter. Une autre piste possible est un décret d’avance, qui ouvre des crédits en urgence sans remplacer la loi.
Mais Al Aminou Lô l’écarte pour l’instant. Si le blocage perdure, il utilisera « tous les outils à notre disposition ».