Fin  du 8e Congrès des experts-Comptables de l'UEMOA à Cotonou : La profession pose les jalons de la souveraineté financière

Economie & Tech

La clôture du 8e Congrès des Experts-Comptables de l’UEMOA, les 21 et 22 octobre à Cotonou, a consacré la mutation de la profession. Au terme de deux jours de travaux, les congressistes ont acté que la fiabilité comptable fonde la souveraineté financière et adopté la Déclaration de Cotonou avec une feuille de route ambitieuse.

C’est le Président du Comité scientifique, Charles Kouphin, qui a livré l’allocution de synthèse et d’orientation stratégique, avant que le Président du Conseil de l’OECCA-Bénin, Serge Mensah, ne prononce l’allocution de clôture officielle du congrès.

Pour Charles Kouphin, ce congrès marque un tournant institutionnel majeur.

« Nous ne sommes plus de simples techniciens du chiffre ; nous sommes désormais les architectes institutionnels de la souveraineté financière de notre espace communautaire », a-t-il affirmé, reprenant une conviction posée par Roger Mifetou lors de la conférence inaugurale : la souveraineté financière s’écrit chaque jour dans la sincérité des livres comptables.

Dans son allocution de clôture, le Président Serge Mensah a salué la qualité exceptionnelle des contributions et a salué les 20 ans de l’OECCA-Bénin. Il a appelé l’ensemble des Ordres de l’UEMOA à traduire les sept engagements de la Déclaration de Cotonou en actions concrètes, durables et mesurables, au service de la transparence et de la bonne gouvernance.

 

Quatre panels pour une feuille de route

Les travaux se sont articulés autour de quatre panels. Le premier sur la gouvernance publique a établi la complémentarité entre juridictions financières et experts-comptables et proposé l’instauration dès 2027 d’un dialogue technique annuel. Le second sur l’IA et la blockchain a rappelé que l’IA peut industrialiser le contrôle mais pas la confiance. Le troisième sur l’éthique a réaffirmé que face aux 88,6 milliards de dollars de flux financiers illicites annuels en Afrique, la vigilance avec les CENTIF s’impose, tout en consacrant l’ESG avec les normes ISSB et ISSA 5000.

 

La Déclaration de Cotonou scelle sept engagements

 

En clôture, sous l’autorité du Président Serge Mensah, les participants ont adopté la Déclaration de Cotonou 2026, qui engage la profession à promouvoir une information financière fiable, à renforcer la gouvernance, à consolider une profession indépendante et exemplaire, à intensifier la lutte contre le blanchiment de capitaux, à accompagner une transformation numérique sécurisée, à intégrer les enjeux ESG et à renforcer la coopération régionale.

Le congrès a enfin adopté une feuille de route demandant aux États la consultation obligatoire du Conseil Permanent de la Profession Comptable avant tout texte financier et l’obligation de certification des comptes des établissements publics.

Cotonou 2026 restera comme le congrès de la maturité, clôturé par Serge Mensah, où la profession a revendiqué son rôle de pilier de la souveraineté financière.

 

B.K

 

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