Sénégal : Vers la reprise des contrats publicitaires entre l’Etat et la presse privée

Afrique

Au Sénégal, se dirige-t-on vers un apaisement des relations entre l’État et la presse privée ? Dans une note rendue publique cette semaine, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a donné « un avis favorable » pour lever la suspension des contrats publicitaires signés entre l’État et les médias. Ils sont gelés depuis juillet 2024 sur décision de l’ancien chef de gouvernement Ousmane Sonko. Une mesure qui a fait souffrir plusieurs groupes privés.

 

À l’époque, il s’agissait de rationaliser les dépenses publiques, selon Ousmane Sonko. La suspension concerne les contrats de publicité qui permettent à l’État – ses ministères, ses agences et sociétés nationales – de communiquer dans la presse privée.

« Ces contrats que l’ancien Premier ministre a résiliés constituent une part importante des recettes des entreprises privées. Il faut remettre tout ça dans un contexte. [Depuis 2024], la réputation de la presse a été salie. On a dit que tous les groupes de presse privés au Sénégal étaient en collusion avec l’ancien régime de Macky Sall », déclare Mamoudou Ibra Kane, le président du patronat de la presse sénégalaise.

Privation de fonds d’aides publiques, politique dite de « répression » fiscale, les professionnels des médias privés se disent étouffés financièrement depuis l’arrivée des nouvelles autorités en avril 2024.

Une date de reprise toujours attendue

Si le déblocage de ces contrats ne règle pas tout, c’est une bouffée d’oxygène, veut croire Simon Faye, rédacteur en chef des chaînes privées Sen TV et Zik FM. « Je pense qu’il y a un souci d’apaiser les relations entre la presse et le pouvoir. Mais la presse a beaucoup souffert, note-t-il. Il y a même des quotidiens qui ont dû mettre la clé sous le paillasson. Beaucoup de salaires impayés. Donc c’est heureux que le Premier ministre lui-même remette à l’endroit ce qui était à l’envers depuis plus de deux ans. Ça va ouvrir de nouvelles perspectives de recettes. »

Le secteur espère encore pouvoir se relever et attend une date précise pour la reprise de ses contrats avec l’État.