PDC4 2025-2029 Tourisme et culture : Abomey-Calavi ambitionne de devenir une destination labellisée

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Longtemps réduite à une cité-dortoir aux portes de Cotonou, Abomey-Calavi veut changer de regard. Avec son PDC4, la commune entend faire de ses palais royaux, forêts sacrées et berges lagunaires une destination touristique, culturelle et cultuelle créatrice d’emplois.

Dans l’imaginaire courant, Abomey-Calavi est souvent présentée comme la grande commune résidentielle aux portes de Cotonou, confrontée aux défis de la mobilité, du logement et de l’urbanisation galopante. Le Plan de Développement Communal de quatrième génération (PDC4) 2025-2029 propose d’élargir ce regard.

La commune est aussi un territoire de mémoire, d’eau, de nature, de cultures et de spiritualités. C’est sur ce socle que s’appuie le grand projet intitulé « création et labellisation de destination touristique et d’événements culturels et cultuels fédérateurs ».

L’idée est simple : une commune attractive ne se construit pas uniquement par les routes et les marchés. Elle se construit aussi par ce qui donne envie d’y venir, d’y rester, d’y investir et d’y transmettre.

 

Un projet structurant pour changer de regard

Inscrit parmi les projets structurants du PDC4, ce projet est présenté comme intégré, transversal, inclusif et durable. Son ambition : faire d’Abomey-Calavi une destination identifiable, lisible et mieux organisée.

Le contenu est formulé autour de trois axes : faire de la commune une destination touristique à part entière, valoriser son image et renforcer son attractivité en matière de restauration, d’hébergement, de transport, de loisirs et de cultures. Les sites concernés se trouvent dans les arrondissements disposant de potentiels avérés, même si le PDC4 souligne qu’un recensement plus complet reste nécessaire.

Il ne s’agit donc pas de promouvoir un seul site vitrine, mais de structurer une destination en réseau.

Des atouts majeurs, encore sous-exploités

 

Le diagnostic du PDC4 est sans appel : la commune dispose d’un potentiel touristique et artisanal important et diversifié, mais son exploitation à des fins économiques demeure embryonnaire.

De nombreux sites restent non valorisés, sous-exploités ou mal exploités. Les faiblesses portent notamment sur l’opérationnalisation de l’Office Municipal de Tourisme, l’actualisation du répertoire des acteurs, la réhabilitation des sites, la capacité des guides et l’organisation des artisans d’objets d’art.

Pourtant, les ressources existent et elles sont diverses. Le patrimoine naturel et écologique offre les sites RAMSAR 1017 et 1018, la Vallée du Sitatunga, les forêts sacrées, les berges lagunaires et les plans d’eau qui peuvent nourrir des éco-circuits et du tourisme vert. Le patrimoine historique et royal, présent dans presque tous les arrondissements à travers palais royaux, recades et vestiges, peut inspirer des circuits de mémoire et une muséographie locale. Le patrimoine cultuel et spirituel, avec ses couvents et ses patrimoines immatériels, se prête à des événements fédérateurs respectueux des traditions. L’offre de loisirs et de détente s’appuie déjà sur Holy Land Parc, Bab’s Dock, Agoualand et les plages lagunaires pour développer des offres familiales et des activités nautiques encadrées. Enfin, l’artisanat et l’économie locale, de la transformation agroalimentaire aux objets d’art, constituent un vivier pour des marchés d’artisans et des boutiques de souvenirs en circuits courts.

Des événements pour fédérer

Le mot « fédérateur » est au cœur du projet. Il ne vise pas seulement les visiteurs extérieurs, mais d’abord les habitants eux-mêmes.

Journées des savoir-faire artisanaux, festivals de musique et de danse, semaines de la gastronomie locale, circuits de découverte des berges ou animations autour des forêts sacrées : ces rendez-vous peuvent devenir des moments de reconnaissance collective entre villages, quartiers, dignitaires, artistes, artisans et jeunes.

Une orientation qui s’inscrit dans le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) qui fait du tourisme un secteur de projets structurants – musées, routes culturelles, Arènes culturelles – et notamment à travers le projet « Route des couvents vodun et route des tata », qui vise à valoriser le patrimoine Vodun.

Pour Abomey-Calavi, l’enjeu n’est pas de copier, mais de partir de ses propres traditions pour s’inscrire dans cette dynamique nationale.

Les conditions de la réussite

Pour passer du potentiel dispersé à une destination lisible, le PDC4 suggère une feuille de route claire qui passera d’abord par le recensement et la cartographie de tous les sites, puis par l’actualisation du répertoire des guides, artisans, restaurateurs et hébergeurs, la création de circuits pilotes autour du patrimoine royal, de la nature et des berges ainsi que des loisirs et de la gastronomie, la formation des guides et des jeunes créateurs de contenus, l’élaboration d’un agenda annuel d’événements fédérateurs et enfin la mise en place d’une communication commune avec carte touristique, signalétique et contenus numériques.

Au-delà, cinq conditions sont jugées indispensables : un Office Municipal de Tourisme opérationnel avec un plan d’action, une implication communautaire forte des dignitaires et des familles détentrices de patrimoines, un cadre favorable à l’investissement privé local, une sécurisation foncière et patrimoniale des sites dont certains vestiges forestiers s’amenuisent et enfin un dispositif de mesure des retombées en emplois, revenus et fréquentation.

En liant ce projet aux ODD 8, 11, 12 et 17, le PDC4 donne une orientation claire : un tourisme qui ne pille pas, mais qui protège, qui respecte les communautés et qui renforce la fierté locale.

C’est tout le sens de cette ambition : faire qu’Abomey-Calavi, d’ici 2029, se raconte mieux pour se développer mieux.

Boniface KABLA

 

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