Trois mois et une dizaine de jours après son investiture, le président Romuald Wadagni, élu en avril 2026, fait déjà l’objet d’une première évaluation publique. Dans une interview accordée à la télévision privée Canal 3 Bénin, Codjo Hinlin, Secrétaire Général de la COSI-Bénin, a salué plusieurs orientations du nouveau chef de l’État tout en formulant des attentes pour la suite du septennat.
L’investiture, intervenue le 24 mai dernier au Palais des Congrès de Cotonou en présence du corps diplomatique et des représentants des institutions de la République, avait placé la barre haute. Cent jours plus tard, le constat des organisations syndicales se veut à la fois mesuré et encourageant.
S’exprimant sur les premières mesures, Codjo Hinlin a d’abord relevé la volonté d’alléger le quotidien des populations les plus exposées.
« Il y a eu la question des commerçants des marchés, qui ont des difficultés à supporter les redevances des places qu’elles occupent. L’action qui a été faite à leur endroit, même si nous aurions aimé davantage, elle est quand même salutaire », a-t-il souligné.
Autre chantier jugé prioritaire : la situation des agents de l’État. Le gouvernement a, en effet, procédé au déblocage des avancements pour les fonctionnaires et contractuels arrêtés à l’échelon 11. Une décision qui, selon le syndicaliste, commence déjà à produire des effets concrets.
Dans le domaine de la santé, la mesure relative à la prise en charge d’urgence a également retenu l’attention de la COSI-Bénin. Désormais, les patients admis aux urgences dans un état critique sont soignés immédiatement, la question du remboursement n’intervenant que dans un second temps. « Et ça, c’est déjà une réalité en si peu de temps », relève Codjo Hinlin.
Pour le syndicaliste, en ce qui concerne l’éducation, le chef de l’État a annoncé la gratuité des frais de scolarité pour les filles du second cycle. Une annonce qualifiée de « mesure forte qui traduit un nouveau cap et une dynamique neuve » par le secrétaire général.
Des attentes pour consolider les acquis
Pour autant, la COSI-Bénin se garde de tout triomphalisme prématuré. Consciente du caractère encore récent de l’exercice du pouvoir, le secrétaire général de l’organisation syndicale a listé plusieurs chantiers à approfondir.
Sur le plan administratif, le SG Cosi-Benin, Codjo Hinlin, plaide pour une extension du déblocage jusqu’à l’échelon 12 et surtout pour le rétablissement du mécanisme d’intégration.
« Lorsqu’on revient à l’échelon 12, il faut veiller à remettre en place l’intégration qui permettait à quelqu’un qui est en catégorie B de passer en catégorie A, A3, après 25 ans de service », a-t-il souligné. Sans ce dispositif, estime-t-il, une partie des agents restera bloquée dans son évolution de carrière.
Du côté de l’école, si le SG COSI-Bénin juge la gratuité pour les filles du secondaire d’« une bonne chose », il appelle à aller plus loin.
« Nous aurions aimé que l’école soit effectivement gratuite pour tous les enfants du Bénin », a souhaité le syndicaliste.
B. KABLA