Le cadre juridique applicable aux organisations religieuses au Bénin sera révisé bientôt. Depuis Paris, le président du Sénat, Patrice Talon, a révélé ce samedi 29 août 2026 l’existence d’un avant-projet de loi visant à clarifier l’organisation et le fonctionnement des structures confessionnelles sur le territoire national.
L’annonce a été faite en marge de sa mission de médiation au sein de l’Église du Christianisme Céleste, où il joue actuellement le rôle de facilitateur dans le dialogue entre les différentes tendances.
Du nouveau dans la vie des confessions religieuses. Selon Patrice Talon, la législation en vigueur se révèle insuffisante pour permettre à l’administration de remplir efficacement sa mission de régulation. Il pointe notamment les difficultés rencontrées par les autorités publiques lorsqu’il s’agit d’anticiper ou de contenir des dérives susceptibles de troubler la quiétude sociale.
« La réglementation actuelle entrave l’action de l’État en matière de maintien de l’ordre dès lors qu’il est question d’entités religieuses », a-t-il souligné.
L’ancien chef de l’État et actuel président du Sénat assure qu’un texte est déjà en chantier. Il devrait être déposé devant le Parlement et, à l’en croire, adopté d’ici la moitié de l’année 2027.
« Nous travaillons à un dispositif spécifique, adapté à la nature particulière des associations religieuses. L’objectif est de doter le pays d’un instrument juridique qui structure clairement la vie cultuelle », a-t-il précisé.
Entre liberté de culte et impératif de sécurité
Pour le président du Sénat, la question dépasse le cadre béninois. De nombreux États sont confrontés aux mêmes défis dans leurs rapports avec les mouvements religieux. Il rappelle que la liberté de croyance demeure intangible, qu’une communauté soit déclarée ou non auprès des services compétents.
Toutefois, il insiste sur la responsabilité régalienne : « L’État a l’obligation de garantir l’ordre public. Nous constatons que des différends internes à certaines confessions religieuses dégénèrent parfois en affrontements et causent des pertes humaines. »
Le cas du Christianisme Céleste en ligne de mire
La médiation en cours au sein de l’Église du Christianisme Céleste servira de base à la définition des nouveaux critères de reconnaissance institutionnelle. Patrice Talon s’est montré ferme sur ce point : seules les entités qui s’inscriront dans le référentiel qui sera établi pourront exercer légalement leurs activités.
Le futur texte devra donc déterminer avec précision les obligations qui incombe aux associations religieuses ainsi que les prérogatives de l’État en cas de menace à l’ordre public.
B. KABLA
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D’autres nations sur la même voix que le Bénin!
L’annonce de l’ancien chef d’Etat du Bénin a été faite en marge d’une rencontre avec les diocèses français de l’Église du Christianisme Céleste, à Saint-Ouen-sur-Seine. Patrice Talon s’y est rendu en sa qualité de facilitateur du processus de réunification de l’ECC. L’ancien président a expliqué à l’assistance l’essence de cette future réglementation, en soulignant le cas de l’Église du Christianisme Céleste, dont l’État béninois a accompagné, ces derniers mois, tout le processus de réunification. L’État n’a pas seulement observé ce processus de loin, dit-il. Il y a pris part, en veillant à la validation de certains textes, et s’est donc vu en position de dire, à un moment donné, ce qui constitue officiellement l’Église du Christianisme Céleste au Bénin, et ce qui n’en relève pas.
Une clarification qui, selon lui, répond avant tout à un impératif d’ordre public. Patrice Talon a rappelé que les divisions religieuses, lorsqu’elles ne sont pas encadrées, peuvent dégénérer en affrontements, voire entraîner des pertes en vies humaines. C’est ce souci de préserver la paix sociale qui justifierait, à ses yeux, que l’État se donne les moyens légaux d’identifier clairement les entités religieuses reconnues, et d’empêcher que des groupes non reconnus puissent s’approprier les attributs et symboles d’une confession officiellement établie.
Patrice Talon affirme avoir déjà échangé sur le sujet avec des chefs d’État et des ministres de plusieurs pays africains, où la même préoccupation aurait été partagée. D’autres nations du continent, dont il n’a pas cité les noms, s’orienteraient elles aussi vers un encadrement plus strict de la reconnaissance officielle des religions, toujours dans une logique de préservation de l’ordre public.
A.C.C.
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