Bénin : Plusieurs arrestations après l’usage malveillant de l’IA

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Face à la montée des contenus numériques à caractère diffamatoire et humiliant, le Bénin a engagé une opération d’envergure contre les abus liés à l’intelligence artificielle. Sous la supervision du Centre National d’Investigations Numériques [CNIN], plusieurs personnes ont été arrêtées ces derniers jours pour des faits de manipulation d’images et de propagation de fausses informations.

Depuis quelques semaines, l’espace numérique béninois enregistre une recrudescence de pratiques préjudiciables. Deux phénomènes retiennent particulièrement l’attention des autorités : la diffusion de faux avis de décès visant des personnalités publiques, souvent accompagnés de la mention « RIP », et la multiplication de visuels générés par IA destinés à dénigrer ou à compromettre des citoyens et des responsables publics.

Ces agissements, désormais qualifiés d’atteintes graves à la dignité et à l’image d’autrui, ont conduit les services compétents à passer de la veille à l’action.

 

Des arrestations et un rappel à la loi

 

L’opération coordonnée par le CNIN a permis l’interpellation de plusieurs individus suspectés d’avoir recouru à des outils d’intelligence artificielle à des fins malveillantes. Selon les autorités, ces interpellations s’inscrivent dans une logique de préservation de l’ordre public et de protection de la vie privée en ligne.

Le cadre juridique invoqué est sans ambiguïté. L’article 576 du Code du numérique en vigueur au Bénin réprime la manipulation frauduleuse de l’image d’une tierce personne. Les peines encourues peuvent aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 25 000 000 francs CFA d’amende.

 

Un appel à l’usage responsable de l’IA

 

Pour le CNIN, l’intelligence artificielle doit demeurer un levier d’innovation et non un instrument de nuisance. « La liberté d’expression ne saurait justifier l’atteinte à la dignité humaine, la diffamation ou la fabrication de contenus compromettants par voie de trucage numérique », rappelle l’institution.

Elle exhorte l’ensemble des internautes à faire preuve de discernement : aucune production numérique portant sur l’image d’une personne ne doit être diffusée sans son consentement préalable. Les services de sécurité, indique le Centre, maintiennent un dispositif de surveillance renforcé afin d’identifier et de poursuivre tout contrevenant.

 

Boniface KABLA

 

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