Formation en investigation sur la corruption et les VBGFT : 27 journalistes en immersion à Grand-Popo

Economie & Tech

‎Pendant trois jours, des professionnels des médias venus de la presse écrite, de la radio, de la télévision et des WebTV renforcent leurs capacités à Grand-Popo dans le cadre du projet « Stop Corruption, Stop VBG ». Une initiative portée par l’ONG SOS Civisme Bénin  en partenariat avec le média en ligne Banouto.

‎Grand-Popo accueille, du 18 au 20 février 2026, une session de formation et d’accompagnement dédiée aux journalistes d’investigation engagés dans la lutte contre la corruption et les violences basées sur le genre (VBG). Au total, 27 professionnels issus des organes de presse écrite, radio, télévision et WebTV prennent part à cette initiative structurante.

‎Cette activité s’inscrit dans la mise en œuvre du projet « Stop Corruption, Stop VBG », initiative conjointe de l’ONG SOS Civisme Bénin et le média en ligne Banouto, officiellement lancé à Cotonou le 13 février 2026. Après cette phase inaugurale, les travaux se poursuivent dans la cité balnéaire, avec un accent particulier sur les méthodes d’enquête appliquées aux dossiers sensibles liés à la sextorsion et aux violences facilitées par la technologie (VBGFT).

‎Outiller pour mieux enquêter

‎L’objectif de la formation est clair : renforcer les compétences des journalistes en matière d’investigation, leur fournir des outils techniques, juridiques et éthiques indispensables pour traiter des sujets complexes et délicats. Ces hommes des médias auront pour mission d’enquêter à la sortie de la formation sur les questions de corruption et de violences sous la tutelle de quelques mentors qui leurs seront attribués.

‎Les modules abordent notamment :

‎Les méthodes d’investigation adaptées aux cas de corruption et de VBGFT ;

‎La sécurisation des informations ;

‎La compréhension des infractions liées à la sextorsion, au harcèlement et aux violences numériques ;

‎Les précautions à observer pour protéger les victimes et les sources.

‎La HAAC insiste sur la rigueur et l’éthique


‎La cérémonie d’ouverture ce mercredi 18 février a été marquée par la présence d’une délégation de la (HAAC), conduite par le conseiller Lionel Gbègonnoudé, qui a délivré un message au nom du président de l’institution, .

‎Dans son allocution, la HAAC a salué l’initiative et souligné l’importance stratégique du journalisme d’investigation dans une démocratie. Selon lui, le traitement médiatique de thématiques aussi sensibles que la sextorsion et les violences basées sur le genre exige « des compétences renforcées, une grande rigueur professionnelle et un sens élevé des responsabilités ».

‎Trois exigences fondamentales ont été mises en avant :

‎La maîtrise du cadre juridique.
‎Les infractions liées à la sextorsion, au harcèlement et aux violences numériques s’inscrivent dans un environnement légal précis. Les journalistes sont appelés à bien connaître les textes en vigueur afin de protéger les victimes, sécuriser leurs enquêtes et éviter toute atteinte aux droits des personnes.

‎L’exigence éthique.
‎Face à des sujets sensibles, le sensationnalisme n’a pas sa place. Le respect de la dignité humaine, la protection des sources, la prudence dans le traitement des informations et l’équilibre dans la présentation des faits doivent demeurer des principes non négociables. «Informer ne doit jamais signifier exposer ou fragiliser davantage les victimes» dit Lionel, conseiller à la Haac.

‎En invitant les participants à tirer pleinement profit de cet espace d’apprentissage, la HAAC a rappelé que les enjeux dépassent la simple production de contenus médiatiques. Ils touchent à la protection des droits humains et à la consolidation de la démocratie béninoise.

‎La formation en investigation à Grand Popo constitue ainsi un tournant important dans la lutte contre les VBG au Bénin.


‎Aser ABALLO