Avant d’entrer dans la plénitude de ses fonctions, le nouveau premier citoyen de Porto-Novo et ses adjoints ont recueilli, au domicile du patriarche, bénédiction, prières et conseils des Sages, Cadres et Notables de la cité aux trois noms.
Porto-Novo, Hogbonou, Adjacé. Trois noms pour une seule ville. Trois noms qui racontent à eux seuls la richesse, la complexité et la profondeur d’une cité que rien ne prédestinait à l’harmonie, mais qui y est parvenue grâce à des hommes d’exception. Des hommes capables de tenir ensemble ce que l’histoire aurait pu diviser. Des hommes dont la parole pèse, dont la présence rassure, et dont l’engagement pour leur ville n’a jamais faibli. Urbain Karim da Silva est de ceux-là. Et ce jeudi 19 février 2026, c’est vers lui que s’est tourné, en tout premier lieu, le nouveau Maire de la ville capitale, Rachadou Toukourou, avant même d’avoir officiellement pris ses fonctions.
Un geste fort, chargé de sens
Jeudi historique à Porto-Novo. Dans la matinée, le Maire Rachadou Toukourou, accompagné de ses trois adjoints, le Docteur François A. Ahlonsou, premier adjoint, Paul Hedokingbe, deuxième adjoint, et Nadia G. Dossa, troisième adjointe, a fait le choix délibéré de se rendre au domicile du patriarche Urbain Karim da Silva avant la cérémonie officielle de passation de service prévue dans l’après-midi. Ce n’est pas un détail d’agenda. C’est une décision à la fois politique et humaine, profondément symbolique, qui dit en un seul acte ce que les discours auraient du mal à exprimer en plusieurs pages : à Porto-Novo, on ne gouverne pas sans la sagesse des anciens. On ne commence pas sans la bénédiction de celui qui incarne la mémoire et la conscience collective de la ville.
La délégation a été accueillie avec la dignité et la chaleur qui caractérisent la demeure du patriarche. Autour de lui, de nombreux membres du Conseil des Sages, Cadres et Notables de Porto-Novo avaient pris place — une assemblée représentative de ce que la ville compte de plus expérimenté, de plus attaché à son devenir, et de plus respecté dans ses rangs.
Karim da Silva, bien plus qu’un titre
Le mot patriarche, dans d’autres contextes, pourrait n’être qu’une distinction honorifique, un titre que l’on accole à un nom pour marquer le respect sans lui donner de substance réelle. Ici, à Porto-Novo, il n’en est rien. Urbain Karim da Silva est un patriarche dans le sens le plus complet et le plus vivant du terme. Il est l’homme vers qui les générations successives d’élus, de notables, de leaders communautaires et de simples citoyens se sont tournées pour trouver une orientation, un apaisement ou une direction.
Homme d’unité par conviction et par tempérament, il a consacré une grande partie de sa vie à la cause du rassemblement des fils et filles de Porto-Novo. Dans une ville aux multiples identités, aux héritages culturels et religieux croisés, au tissu social dense et parfois complexe, c’est lui qui a su, inlassablement, rappeler ce qui unit plutôt que ce qui sépare. C’est lui qui, dans les moments de tension ou d’incertitude, a su trouver les mots justes, poser les gestes réconciliateurs et maintenir vivante la flamme d’une cohésion que beaucoup, ailleurs, ont perdue.

Mais le patriarche Karim da Silva n’est pas seulement un homme de paix. C’est aussi, et depuis des lustres, un ardent défenseur du développement et de la modernisation de Porto-Novo. Ce combat-là, il le mène avec la constance et la détermination de ceux qui pensent non pas à leur mandat, mais à l’avenir de leur ville sur plusieurs générations. Il a plaidé, accompagné, conseillé, interpellé, soutenu — pour que Porto-Novo ne reste pas en marge des transformations qui façonnent les grandes cités africaines du XXIe siècle, tout en demeurant fidèle à son âme et à son identité propre.
Une bibliothèque vivante au service de la cité
Ceux qui ont eu la chance de s’entretenir avec lui le disent tous avec la même conviction : s’asseoir face au patriarche Karim da Silva, c’est ouvrir une bibliothèque rare. Une bibliothèque de bonne gouvernance, d’expériences accumulées, de conseils forgés par les réalités du terrain et la profondeur d’une réflexion jamais interrompue sur le destin de Porto-Novo. Il ne donne pas de leçons, il partage une sagesse. Il ne dicte pas, il éclaire. Et ceux qui l’écoutent vraiment en ressortent avec une vision plus claire, une énergie renouvelée et une conscience aiguisée de la responsabilité qui est la leur envers cette ville.
Ce jeudi matin, c’est exactement cela que sont venus chercher le Maire Toukourou et ses adjoints. Et ils ne l’ont pas caché. Dès l’entame de la rencontre, le premier citoyen de Porto-Novo a clairement exprimé l’objet de sa visite : recevoir la bénédiction du patriarche et des sages, mais aussi et surtout leurs conseils avisés pour aborder leurs nouvelles responsabilités avec discernement, dans la paix, la concorde et l’unité. Plusieurs membres du Conseil ont pris la parole à tour de rôle, enrichissant la rencontre de leur expérience et de leur vision, afin que la nouvelle équipe municipale parte avec le meilleur bagage possible.
La satisfaction d’un patriarche, le signe d’un bon départ
Le patriarche Urbain Karim da Silva n’a pas dissimulé sa satisfaction. Voir la nouvelle autorité municipale accomplir cette démarche avant même sa prise de fonction officielle est, pour lui, le signe encourageant d’une équipe qui a compris l’essentiel : que Porto-Novo ne se gouverne pas seul, que la ville a une âme qu’il faut respecter, et que les Sages, Cadres et Notables ne sont pas des ornements protocolaires, mais des partenaires indispensables du développement continu de la cité.

Quelques heures après cette rencontre empreinte de respect et d’authenticité, la passation de service consacrait officiellement la nouvelle équipe municipale dans ses fonctions. Mais dans le cœur des Porto-Noviens attentifs à ces événements, la cérémonie de l’après-midi n’était que la confirmation officielle de ce qui s’était déjà scellé le matin — autour du patriarche, dans la chaleur d’une demeure où Porto-Novo se retrouve toujours, quelle que soit l’époque, quelle que soit la saison politique.
Fréjus MASSIHOUNTON