Les inondations au Maroc : Des dispositifs exceptionnels d’évacuation aux solides mécanismes d’indemnisation des sinistrés

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Les changements climatiques ont dicté leur loi au Nord du Maroc avec une pluviométrie anormalement élevée après plus de 10 ans de sécheresse. Face à cette catastrophe d’ampleur inédite, le Royaume chérifien a, conformément aux Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu L’assite, déployés des efforts colossaux d’évacuations des populations et de leurs biens. Il est important de souligner les efforts déployés actuellement par les autorités pour lutter contre les conséquences des inondations. Grâce à ces inondations, 188 000 personnes ont été secourues et mises en sécurité.

 

Des dispositifs exceptionnels d’évacuation

 

Le nord du Maroc a été confronté pendant plusieurs semaines à de fortes pluies qui ont engendré des inondations historiques. Pour évacuer les populations, une mobilisation exceptionnelle a été mise en place : les fores armés royales, la gendarmerie royale, les sapeurs-pompiers, et toutes les parties prenantes ainsi que des moyens de pointe ont été mobilisés pour assurer l’évacuation des populations dans les conditions optimales.

Cette évacuation démonte l’exemplarité du leadership du Maroc en matière de gestion des inondations.

“Un État qui a choisi l’humain avant tout le reste” ; “Un État en action, une réponse efficace” : dans le contexte des inondations qui ont récemment touché le Maroc, le magazine TelQuel ne tarit pas d’éloges vis-à-vis des autorités, dans l’éditorial et à la une de son numéro consacré à leur gestion de la crise.

Au total, 188.000 personnes ont été évacuées de la ville de Ksar El-Kébir submergée par le fleuve Loukkos, dans le nord-ouest du royaume. Selon TelQuel, lors de cette épreuve, les autorités se sont distinguées par leur “capacité à basculer en mode crise”, avec un objectif premier, celui de préserver les vies humaines. À la mi-décembre, à Safi, plus au sud, 37 personnes étaient mortes en raison d’une crue aux conditions assez similaires.

Selon un récent bilan publié le 12 février 2026, 110 000 hectares de terres agricoles ont été inondés alors que 188 000 personnes ont évacué ou perdu leur habitation.

Face à cette situation, le gouvernement marocain a classé ces intempéries comme « évènement catastrophique » et les quatre provinces les plus touchées (Larache, Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane) comme des « zones sinistrées ».

Cette déclaration s’accompagne de l’élaboration d’un programme d’aide et de soutien, doté d’un budget de 3 milliards MAD (325,2 millions USD), destiné aux sinistrés.

Ce montant est distribué comme-suit :

  • 775 millions MAD (84 millions USD) pour le relogement et la réhabilitation
  • 225 millions MAD (24,4 millions USD) pour les aides en nature et le renforcement des interventions d’urgence
  • 300 millions MAD (32,5 millions USD) pour les agriculteurs et les éleveurs
  • 1,7 milliard MAD (184,3 millions USD) pour la réhabilitation des infrastructures

 

Trois milliards de dirhams : de l’urgence au relèvement

C’est dans ce cadre que le gouvernement annonce un programme d’aide et de soutien doté d’un budget prévisionnel de 3 milliards de dirhams, construit sur un diagnostic de terrain et une évaluation des impacts économiques et sociaux. L’enveloppe doit couvrir, d’une part, les besoins des ménages et des petits acteurs économiques et, d’autre part, la remise en état des réseaux et des infrastructures abîmés.

 

Officiellement, le programme se décline entre l’aide au relogement, la compensation de perte de revenu, la réhabilitation et la reconstruction (775 millions de dirhams), l’aide en nature et le renforcement des interventions d’urgence (225 millions), le soutien aux agriculteurs et éleveurs (300 millions), et surtout la réhabilitation des infrastructures routières, hydroagricoles et des réseaux de base (1,7 milliard). La situation de départ est lourde : les intempéries ont provoqué l’inondation de plus de 110.000 hectares et le déplacement de près de 188.000 personnes dans les provinces concernées, selon la même source.

6.000 dirhams dès la semaine prochaine : l’aide immédiate se digitalise

Le 13 février, de nouveaux détails précisent la mécanique concrète d’une partie de l’aide. Le communiqué explique que l’État a décidé de verser une aide financière directe pouvant atteindre 6.000 dirhams par famille, d’accorder 15.000 dirhams pour aider à la réhabilitation des logements et des petits commerces endommagés, et de mobiliser 140.000 dirhams pour la reconstruction des habitations effondrées. Pour l’aide d’urgence destinée à chaque famille, le calendrier est annoncé : le versement doit commencer à partir de la semaine prochaine. La procédure, elle, repose sur un geste simple : le chef de famille devra envoyer un SMS au 1212 comprenant le numéro de la Carte nationale et la date de naissance, afin de permettre la vérification de la situation du ménage, l’instruction de la demande et une décision rapide. Pour les aides liées aux dégâts matériels plus complexes comme la réhabilitation de logements, l’appui aux petits commerces, reconstruction, etc., l’État mise sur l’outil classique du recensement : des commissions locales sont chargées d’opérations d’inventaire sur le terrain dans les zones classées sinistrées, avec la possibilité, «le cas échéant», pour les personnes concernées de déposer des requêtes afin que les situations soient examinées selon des règles censées garantir transparence et équité.

Le CAFRAD salue la résilience du peuple et les efforts déployés par les autorités marocaines et se montre disponible pour accompagner les mesures de relèvement, de reconstruction et de réintégration des populations.

 

Dr. Coffi Dieudonné ASSOUVI, Directeur général du CAFRAD

 

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