La scène avait sidéré les téléspectateurs. Le 14 janvier 2026, lors de la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0 a.p.), une étrange bataille autour d’une simple serviette a marqué les esprits. Au cœur de l’action: Yehvann Diouf, contraint de protéger celle d’Édouard Mendy, pris à partie par des ramasseurs de balle et brièvement tiré au sol. Des joueurs marocains, dont Ismaël Saibari, ont également été impliqués dans cette séquence confuse.
L’épisode a eu des suites disciplinaires. La Confédération africaine de football a infligé une amende de 200.000 dollars (167.000 euros) à la Fédération royale marocaine de football. Mais pour Hervé Renard, double vainqueur de la CAN (2012 avec la Zambie, 2015 avec la Côte d’Ivoire) et actuel sélectionneur de l’Arabie saoudite, l’affaire mérite d’être replacée dans son contexte.
Interrogé par Colinterview, le technicien français avance une lecture culturelle de la scène. «La serviette, elle a quelque chose. Si quelqu’un a voulu l’enlever, c’est pour perturber… Il y a quelque chose derrière. Est-ce que la serviette a été bénie? Ce sont des croyances. Elles sont importantes aussi en Afrique. Ce n’est pas juste prendre une serviette, il y a autre chose derrière», explique-t-il.
«Les gens qui ne connaissent pas l’Afrique ne peuvent pas savoir», poursuit-il, tout en reconnaissant ne pas disposer de tous les éléments. «Il n’y avait peut-être rien. Mais il y avait certainement une raison.» Pour Renard, cette séquence illustre surtout «les particularités» d’un continent qu’il connaît bien, fort de ses succès passés sur les bancs africains.