Tribunal d'Abomey-Calavi : 30 ans de réclusion pour l’assassinat de l’entrepreneur togolais Richard Gbédé

Société

Le tribunal d’Abomey-Calavi a rendu son verdict ce mardi 10 mars 2026 dans l’affaire du meurtre de Richard Gbédé. L’accusé principal, un partenaire d’affaires béninois, a été condamné à une lourde peine de prison. Le parquet, jugeant la sentence trop clémente, a annoncé son intention d’interjeter appel.

 

Une dette de 5 millions au cœur du drame

L’affaire, qui a suscité une vive émotion dans la sous-région, remonte au 6 décembre 2025. Richard Gbédé, entrepreneur togolais de renom et promoteur de la structure CISA connue pour l’organisation de prestigieuses cérémonies de distinctions honoris causa s’était rendu au Bénin pour une mission précise. Il devait recouvrer une créance d’environ 5 millions de francs CFA auprès de son partenaire béninois, après une collaboration fructueuse au Maroc.

L’entrepreneur ne regagnera jamais Lomé. Son corps sans vie sera découvert quelques jours plus tard, abandonné dans un bas-fond à Avlékété.

 

Des témoignages contradictoires et des aveux rétractés

À la barre ce mardi, l’audience a été marquée par une atmosphère lourde, sous le regard de la veuve de la victime. Deux accusés faisaient face aux juges : le partenaire d’affaires, prénommé Janot, et un tradithérapeute.
Selon l’instruction, Janot aurait sollicité les services du tradithérapeute pour éliminer « mystiquement » Richard Gbédé par un accident de la route. Si le féticheur a reconnu avoir été contacté, il a nié toute implication, affirmant avoir refusé la demande tout en gardant le silence par peur.
De son côté, le principal accusé a tenté de revenir sur ses aveux initiaux. Janot a plaidé l’innocence, prétextant une attaque orchestrée par des tiers. Une version que la cour a balayée, pointant du doigt les incohérences flagrantes du récit et un message compromettant envoyé par l’accusé à son complice présumé, où il admettait avoir tué son partenaire.

Après plusieurs heures de débats, le tribunal a tranché, suivant partiellement les réquisitions du ministère public qui réclamait la perpétuité : Janot est condamné à 30 ans de réclusion criminelle.Le tradithérapeute écope de 8 ans de prison ferme.
Les deux condamnés devront verser solidairement la somme de 30 millions de francs CFA de dommages et intérêts à la famille de la victime.

Malgré cette condamnation, le dossier n’est pas clos.