Au cœur d’une affaire qui pourrait prendre une dimension diplomatique, 18 supporteurs sénégalais détenus au Maroc depuis la finale de la CAN ont entamé une grève de faim la semaine dernière pour exiger l’écoute de leur version des faits et le respect de leurs droits de défense.
Le 18 janvier dernier à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, qui a vu le Sénégal s’imposer face au pays hôte, 18 supporteurs sénégalais restent en détention au Maroc. Cette affaire, qui agite désormais l’opinion publique et les milieux juridiques, est marquée par une série d’accusations de violations des droits fondamentaux, dénoncées avec force par les détenus et leurs avocats.
Selon Me Patrick Kabou, avocat de la défense, les supporteurs estiment être victimes d’un « manque flagrant de garanties pour un procès équitable » et d’un non-respect du principe des droits de la défense. Ils affirment ne pas avoir été informés clairement des charges exactes retenues contre eux et n’avoir pas eu la possibilité de comprendre pleinement les éléments de l’accusation » faute de communication dans une langue qu’ils ne maîtrisent.
Face à cette situation, la semaine dernière, les 18 détenus ont décidé de mener une grève de faim, refusant de s’alimenter dans l’espoir que les autorités judiciaires marocaines accordent une écoute à leur version des faits et prennent en compte leurs revendications.
A travers leur mouvement de protestation, ils exigent notamment :
que les charges qui pèsent contre eux soient clairement formulées et communiquées dans une langue qu’ils comprennent ;
-que leurs avocats aient libre accès au Tribunal de première instance de Rabat ;
-que des entretiens préalables avec leur conseil leur soient garantis avant toute audience ;
-et que des soins médicaux adéquats soient assurés pour ceux qui en ont besoin.
Jusqu’à présent, les audiences ont été reportées à plusieurs reprises pour des raisons procédurales, dont une grève des avocats au Maroc, et le procès devrait reprendre dans les prochains jours.
Du côté des autorités marocaines, certaines sources judiciaires ont démenti des allégations concernant les conditions de détention ou la grève de la faim. Toutefois, ces dénégations ne font qu’amplifier les inquiétudes de la défense, qui insiste sur le respect strict des droits humains et des procédures légales.
Cette affaire, qui fait écho bien au-delà des frontières du royaume chérifien, pose une fois de plus la question du traitement des supporters étrangers en contexte judiciaire et du respect des droits de l’accusé dans des situations de tension sportive et diplomatique.
Aser ABALLO